Giobagnara habille l’Orient Express Corinthian

L’architecte directeur artistique Maxime d’Angeac a choisi Giobagnara pour habiller de cuir l’ensemble du voilier. La suite duplex est un exemple - Photo © Alice Mesguich.

L’Orient Express est une légende en pleine renaissance. Porté par le groupe Accor et l’architecte Maxime d’Angeac, ce projet d’envergure a pris le départ, au large, avec le Corinthian, de la Méditerranée aux Caraïbes. Giobagnara a conçu sur mesure l’ensemble des éléments en cuir de ce trois-mâts d’exception.

Le Corinthian, aux lignes avant-gardistes et aux prestations luxueuses, fait revivre l’aventure en mer de l’Orient Express.

Orient Express sur mer

Le premier paquebot à voiles Orient Express marque une nouvelle étape dans l’histoire du voyage maritime. Réalisé à Saint-Nazaire avec les Chantiers de l’Atlantique, il obéit à une approche à la fois technologique, industrielle, artisanale, écologique. Ce nouveau « palace flottant » se révèle être une déclinaison contemporaine, héritée de l’âge d’or des croisières transatlantiques. Avec ses sept ponts, ses cinq restaurants et salles à manger supervisés par le chef étoilé Yannick Alléno et ses suites spacieuses – une cinquantaine au total -, le Corinthian invite à une expérience rare. Maxime d’Angeac assure la direction artistique de l’ensemble du projet. Pour lui, l’Orient Express, sur terre comme sur mer, est un « mythe du luxe » à part entière. Un symbole de l’Art déco et une vitrine des savoir-faire d’excellence. Le raffinement stylistique règne entièrement à son bord. L’architecte a notamment réintroduit des matériaux délaissés, comme les parquets vernis ou le marbre. Pour le cuir, noble par excellence, il a fait le choix du spécialiste italien Giobagnara.

L’Orient Express Corinthian dispose d’une cinquantaine de suites spacieuses. Il a levé les voiles en 2026.

Précurseur du cuir, expert du luxe

La collaboration entre l’architecte français et la marque génoise est une première. « Elle est née très simplement, explique Giorgio Bagnara, fondateur et CEO. Le studio MDA est venu sur notre stand au salon Maison&Objet, où nous exposons deux fois par an. Ce qui a surpris l’équipe, c’est l’étendue de notre catalogue et les possibilités qu’il ouvrait. Une revue américaine l’a comparé à une « encyclopédie de l’accessoire en cuir » il y a quelques années ! Notre catalogue, qui est davantage une archive, compte des milliers de références. » Depuis la fin des années 1990, Giobagnara explore l’artisanat du cuir, enrichissant ses techniques au fil d’acquisitions : Rabitti 1969 pour le cuir de sellerie, Pigment France, spécialiste du revêtement en cuir et du tressage artisanal de l’osier, du rotin, de la paille, Rivière 100% italienne. « Notre groupe s’appuie sur une base solide d’architectes et de designers, poursuit le dirigeant. Ils nous stimulent avec des projets toujours nouveaux. Celui du Corinthian était d’une ampleur et d’une complexité immenses. Sur le papier, il pouvait sembler trop vaste pour une industrie artisanale comme la nôtre. Mais l’entente a été immédiate, de la première rencontre à la livraison. En moins d’un an, nous sommes intervenus sur un nombre d’espaces et de produits sans précédent. »

Un projet partagé

Entre les ateliers à Gênes et l’agence d’architecture, les échanges ont été constants. « Le studio MDA a travaillé avec tous les instruments que nous avons mis à sa disposition, nuanciers, prototypes, échantillons, catalogues, applis digitales…, précise Giorgio Bagnara. De notre côté, nous recevions les moodboards avec une vision très claire de ce que deviendrait le Corinthian. La cohérence stylistique est totale. Un navire ne se meuble pas, il s’habille. Comme dans une garde-robe, chaque espace a son propre registre dans une même langue : le restaurant, la salle de jeux, le bar, les cabines de soin, la suite privée… Nous avons ainsi équipé une vingtaine d’espaces publics, tel le Barber Shop ou la piscine. Le cuir traverse le navire tout entier. Nos créations représentent 112 modèles dans diverses catégories. » Du mobilier à des solutions techniques comme des tables rabattables, des instruments spécifiques de navigation, de nombreux objets décoratifs pour le rangement, la table… Le souci extrême du détail et la personnalisation sans limite font partie intégrante du confort et de l’harmonie à bord. « Nous avons conçu des jeux spéciaux et travaillé étroitement avec l’équipe Frontline, qui a suivi l’identité graphique et visuelle du bateau, ajoute le CEO. Le coffret sèche-cheveux est l’exemple typique de ce que le secteur de l’hospitality nous demande. On nous soumet un besoin, nous le rendons agréable à la vue, au toucher, à la mémoire, tout en optimisant la fonctionnalité requise au départ. » Le cuir, lui-même, guide l’intégralité de la collaboration. Giobagnara l’a adapté selon les besoins. « Le Printed Calfskin Golf est très présent à bord, précise Giorgio Bagnara. C’est notre cuir signature. Il est disponible dans plus de 100 coloris. Il est résistant à l’eau, à la rayure, aisé à personnaliser… Nous avons aussi utilisé le Nappa, là où le toucher l’exigeait, le Suede dans les intérieurs protégés, ainsi que le cuir de sellerie à tannage végétal. »

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Rédaction Nadine Guérin

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