Arnaud Bruillon : un itinéraire entrepreneurial singulier

Arnaud Bruillon, Président Directeur Général de Finsbury.

Il y a trente ans, Arnaud Bruillon poussait la porte d’une boutique Finsbury pour un job étudiant. Rien ne le prédestinait à gravir tous les échelons de l’entreprise dont il a pris les rênes en 2010. Rencontre avec un autodidacte passionné par la vente et le produit.

Finsbury propose aujourd’hui une offre complète, entre souliers pour hommes et femmes et des collections d’accessoires en cuir.

Une formation « terrain »

« Je n’ai pas fait d’école de commerce. J’ai appris le métier sur le terrain », reconnaît celui dont le profil LinkedIn affiche pour formation : « L’école de la vie et du bon sens ». Cette formule illustre avec justesse le parcours du dirigeant de l’une des marques françaises de référence dans la chaussure premium. Originaire de Seine-Saint-Denis, il multiplie les petits boulots avant d’entrer en 1994 chez Finsbury comme vendeur à temps partiel pour financer ses études. Très vite, il se découvre « un véritable goût pour le commerce, le conseil et la relation client ».
Au contact des fondateurs de l’enseigne, Jean-Pierre Dahan et David Cohen, il découvre toutes les facettes du métier – les techniques de fabrication, le montage Goodyear (signature de la marque), les cuirs, la gestion d’un magasin, puis celle d’un réseau, les attentes des clients – et développe une expertise qui le mènera jusqu’à la direction de l’entreprise, qu’il rachète en 2010. Au fil des années, il gravit un à un tous les échelons. En 2000, il ouvre la première franchise Finsbury, avant d’en développer sept autres.

Le pari du « premium accessible »

Finsbury a vu le jour dans la région de Northampton, en Angleterre, berceau historique de la chaussure cousue Goodyear. L’entreprise s’implante en France, à Paris, en 1986, avec l’ambition de « démocratiser une chaussure masculine élégante, durable et accessible ». Quarante ans plus tard, l’enseigne compte 92 boutiques implantées dans 9 pays, emploie près de 250 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de plus de 45 millions d’euros.
Positionnée sur le segment du « premium accessible », avec un prix moyen de 250 euros, Finsbury mise sur un équilibre entre qualité, savoir-faire et prix maîtrisés. Les collections sont dessinées en interne à Paris et fabriquées dans des ateliers européens (Espagne, Italie, Portugal) qui perpétuent un savoir-faire traditionnel. Les cuirs proviennent principalement de tanneries françaises et italiennes. L’entreprise, qui produit plus de 300 000 paires de chaussures, privilégie les circuits courts afin de limiter les intermédiaires.

Après la rue de Rennes à Paris, Finsbury Woman a ouvert un espace dédié à la chaussure féminine au Printemps Haussmann.

La diversification comme moteur de croissance

Si le marché français de la chaussure masculine reste le cœur de l’activité, il est arrivé à maturité. Pour poursuivre son développement, Finsbury s’appuie sur plusieurs relais de croissance. L’enseigne, qui fête son 40e anniversaire cette année, entend poursuivre sa transformation sans renier ses fondamentaux. Parmi les axes majeurs de sa stratégie figurent l’essor de l’offre féminine, l’expansion à l’international, l’accélération de la transformation digitale, l’excellence du service client et une production toujours plus responsable.
En 2023, l’entreprise a ainsi ouvert un nouveau chapitre avec le lancement de sa première collection féminine. L’ambition : « décliner au féminin les codes qui ont fait le succès de la marque – élégance, qualité et confort – afin de séduire une nouvelle clientèle ». Une première boutique Finsbury Woman s’est installée rue de Rennes à Paris, suivie d’un espace entièrement dédié à la chaussure femme inauguré en avril dernier, au Printemps Haussmann.
Le second axe stratégique repose sur le digital. Si les boutiques physiques réalisent aujourd’hui 80% du chiffre d’affaires, le site e-commerce permet de toucher des clients situés dans des villes où l’ouverture d’un magasin n’est pas envisagée, complétant ainsi le réseau physique qui repose sur un modèle mixte (80% de succursales et 20% de franchises), en centre-ville et centre commercial. « Le digital n’a pas vocation à remplacer les boutiques. Il les complète et nous permet d’élargir notre zone de chalandise », explique le PDG.
L’expansion internationale représente le troisième levier de croissance du groupe, avec un développement particulièrement marqué en Asie et en Afrique. L’activité à l’export pèse désormais 17% du chiffre d’affaires, une proportion en croissance régulière.
L’enseigne s’attache par ailleurs à renforcer l’expérience client : elle développe des services tels que des ateliers de cordonnerie ou un bar à patines, grâce auxquels ses clients peuvent personnaliser leurs chaussures ou prolonger leur durée de vie. « Notre métier ne se résume pas à vendre des chaussures. Il consiste aussi à transmettre un savoir-faire, une qualité de service et une certaine vision de l’élégance », conclut le Président Directeur Général.

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Rédaction Laëtitia Blin

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