Livrables en open source
Plus concrètement, toutes les huit semaines environ, chaque ville organisera un atelier d’une journée mobilisant « son écosystème autour de défis locaux concrets adaptera une pratique éprouvée à son contexte et produira une feuille de route actionnable. Les productions d’une ville deviennent les matières premières de la suivante, un effet boule de neige qui alimente trois livrables partagés (en open source sur le site de la FCC pour ses membres – NDLR) : une bibliothèque internationale de bonnes pratiques, un document de référence collectif évolutif, et des feuilles de route locales avec un suivi d’impact ». Alors que l’atelier pilote a eu lieu le 5 juin dernier à Paris, Milan suivra en octobre, avant de passer le relais aux autres villes engagées : Singapour (janvier 2027), Dubaï (mars 2027), Copenhague (mai 2027), New York (juillet 2027), Londres (septembre 2027) et Cotonou (novembre 2027). Une restitution collective finale aura lieu dans la capitale française en février 2028. Bouclant ainsi la boucle de la Vague 1.
Parmi les thématiques étudiées par la FCC, le comportement des consommateurs en matière de mode durable fera l’objet d’une étude, réalisée dans un premier temps à Paris, puis sans doute dans d’autres villes participantes. Organisatrice de deux consultations citoyennes sur la mode durable, en 2020 puis 2026, menée auprès du grand public français puis élargie aux italiens, anglais et états-uniens, Paris Good Fashion dispose, il est vrai, d’une expérience précieuse dans le domaine.
Les initiateurs de la FCC insistent sur son caractère « non commercial et pré-compétitif ». Pour pouvoir la rallier, la coalition ne demande à ses membres « ni cotisation, ni engagement juridique contraignant, mais une conviction partagée et une lettre d’engagement signée volontairement. Nous sommes un mouvement porté par la pratique, pas par la communication. Notre mesure du progrès, c’est ce que nous construisons ensemble, pas ce que nous annonçons individuellement », soulignent-ils.
Le cuir au cœur des discussions
Comme les autres filières de la mode, le cuir « a pleinement vocation à être intégré par la coalition. Nous ne faisons aucun distinguo par matière : la FCC mobilise l’ensemble de la chaîne de valeur d’une ville. Au regard du poids que les accessoires en cuir représentent, tant en chiffre d’affaires qu’en termes d’impact, ils seront naturellement au cœur de nos discussions », explique Isabelle Lefort, la cofondatrice et Directrice exécutive de Paris Good Fashion. Elle souligne néanmoins « la nature du dispositif : la FCC n’est pas un producteur de normes ni une série de conférences, mais un mécanisme d’action qui part de problématiques concrètes vécues par les écosystèmes locaux. Les acteurs du cuir seront embarqués à ce titre, au fil des ateliers de chaque ville ». Et d’ajouter que « d’ores et déjà, les institutions françaises et italiennes – à l’image de la FHCM et de la Camera Nazionale della Moda – travaillent étroitement ensemble. Des rapprochements avec des initiatives spécialisées comme le Sustainable Leather Forum pourraient s’inscrire dans cet esprit d’ouverture et de partage, mais rien n’est arrêté aujourd’hui ».
Certaines villes, comme Milan, ont-elles vocation à se pencher davantage sur les problématiques durables du cuir ? « Pourquoi pas », répond Isabelle Lefort, refusant cependant de s’engager à ce stade, tout en précisant : « c’est précisément la logique de la Coalition que chaque ville parte de ses enjeux propres et de son écosystème local. Milan, au cœur de la filière cuir italienne, définira ses priorités lors de son atelier, prévu en octobre 2026 ».
Après la Vague 1, une deuxième vague est annoncée alors que « des discussions sont en cours avec São Paulo, Dhaka, Mumbai, Tokyo, Séoul et Berlin. L’intégration de villes chinoises est aussi à l’étude.
Inscrivez-vous à la Newsleather pour recevoir, toutes les deux semaines, un condensé de l’actualité de la filière cuir.