Huit métropoles internationales s’allient pour une mode durable

Née sous l’impulsion de l’association Paris Good Fashion, la Fashion Cities Coalition (FCC) rallie dans un premier temps huit villes et capitales, soit, outre Paris, Copenhague, Cotonou, Dubaï, Londres, New York, Milan, et Singapour. Leurs écosystèmes mode, dont la filière Cuir, s’engagent dans un agenda de partage de leurs bonnes pratiques responsables pour accélérer une mutation vertueuse.

Une grande première dans la mode durable !

Pour la première fois, les filières mode de ces huit métropoles internationales vont partager leurs bonnes pratiques « pour accélérer la transition du secteur vers des modèles circulaires, régénératifs, transparents et socialement justes d’ici 2030 ». Le feu vert de la Fashion Cities Coalition (FCC) a été donné par l’association Paris Good Fashion, son initiateur et chef de file, lors de son MidSummer Camp organisé les 8 et 9 juillet derniers au domaine de Chaalis.
Si la capitale française a été chargée du pilotage méthodologique de la Vague 1 de cette coalition, qui se déroulera de 2026 à 2028, il tournera entre les villes à partir de la Vague 2. 

La FCC embarque huit villes et des institutions majeures de leurs écosystèmes de mode - Ici quelques représentantes des villes et acteurs de la coalition internationale.

Nombreux partenaires

 « Pendant des années, les grandes institutions de la mode ont avancé en parallèle, chacune à son rythme. La Fashion Cities Coalition les aligne autour d’une seule méthode partagée et vérifiable. Nous n’ajoutons pas un énième engagement ; nous construisons un mécanisme qui transforme les pratiques éprouvées en action, ville par ville », explique Sylvie Ebel, Présidente de Paris Good Fashion et Directrice Exécutive de l’Institut Français de la Mode (IFM).
L’IFM fait ainsi partie des partenaires de poids de la FCC mobilisés par Paris Good Fashion, avec Chanel, LVMH, Kering, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, Lectra, CIRC, Première Vision, Eyes on Talents et l’ANDAM. Certains font partie du comité de pilotage de la coalition, sa « colonne vertébrale stratégique ». Ce dernier comprend aussi, bien sûr, Paris Good Fashion mais aussi le cabinet KPMG, « facilitateur méthodologique et garant du cadre commun et de la Bibliothèque internationale des bonnes pratiques » et enfin, en tant que partenaire global, le Global Fashion Agenda. Cette association danoise organise depuis 2009 le Global Fashion Summit, un forum international de référence sur la durabilité de la mode. 
De façon plus large, les initiateurs de la coalition comptent rallier de nombreux acteurs, des marques aux chercheurs en passant par les fabricants, les groupes et distributeurs de mode (comme Chalhoub à Dubaï), les écoles (l’IFM à Paris, la Central Saint Martins à Londres…) et institutions (British Fashion Council, la Camera Nazionale della Moda Italiana, Council of Fashion Designers of America, Singapore Fashion Council…).  
Leur conviction est que « face à la pression climatique et sociale, la durabilité n’est plus un argument marketing mais une condition de survie pour les entreprises de mode ». Selon eux, « les initiatives isolées ne suffisent pas et la ville, comprise comme un écosystème complet de marques, de façonniers, de fournisseurs, d’institutions, de chercheurs et d’ONG, constitue le niveau le plus pertinent pour mobiliser toute la chaîne de valeur et produire un impact systémique ».

Isabelle Lefort, cofondatrice et Directrice Exécutive de Paris Good Fashion : « Le cuir a pleinement vocation à être intégré par la coalition. »

Livrables en open source

Plus concrètement, toutes les huit semaines environ, chaque ville organisera un atelier d’une journée mobilisant « son écosystème autour de défis locaux concrets adaptera une pratique éprouvée à son contexte et produira une feuille de route actionnable. Les productions d’une ville deviennent les matières premières de la suivante, un effet boule de neige qui alimente trois livrables partagés (en open source sur le site de la FCC pour ses membres – NDLR) : une bibliothèque internationale de bonnes pratiques, un document de référence collectif évolutif, et des feuilles de route locales avec un suivi d’impact ». Alors que l’atelier pilote a eu lieu le 5 juin dernier à Paris, Milan suivra en octobre, avant de passer le relais aux autres villes engagées :  Singapour (janvier 2027), Dubaï (mars 2027), Copenhague (mai 2027), New York (juillet 2027), Londres (septembre 2027) et Cotonou (novembre 2027). Une restitution collective finale aura lieu dans la capitale française en février 2028. Bouclant ainsi la boucle de la Vague 1.
Parmi les thématiques étudiées par la FCC, le comportement des consommateurs en matière de mode durable fera l’objet d’une étude, réalisée dans un premier temps à Paris, puis sans doute dans d’autres villes participantes. Organisatrice de deux consultations citoyennes sur la mode durable, en 2020 puis 2026, menée auprès du grand public français puis élargie aux italiens, anglais et états-uniens, Paris Good Fashion dispose, il est vrai, d’une expérience précieuse dans le domaine.
Les initiateurs de la FCC insistent sur son caractère « non commercial et pré-compétitif ». Pour pouvoir la rallier, la coalition ne demande à ses membres « ni cotisation, ni engagement juridique contraignant, mais une conviction partagée et une lettre d’engagement signée volontairement. Nous sommes un mouvement porté par la pratique, pas par la communication. Notre mesure du progrès, c’est ce que nous construisons ensemble, pas ce que nous annonçons individuellement », soulignent-ils.

Le cuir au cœur des discussions

Comme les autres filières de la mode, le cuir « a pleinement vocation à être intégré par la coalition. Nous ne faisons aucun distinguo par matière : la FCC mobilise l’ensemble de la chaîne de valeur d’une ville. Au regard du poids que les accessoires en cuir représentent, tant en chiffre d’affaires qu’en termes d’impact, ils seront naturellement au cœur de nos discussions », explique Isabelle Lefort, la cofondatrice et Directrice exécutive de Paris Good Fashion. Elle souligne néanmoins « la nature du dispositif : la FCC n’est pas un producteur de normes ni une série de conférences, mais un mécanisme d’action qui part de problématiques concrètes vécues par les écosystèmes locaux. Les acteurs du cuir seront embarqués à ce titre, au fil des ateliers de chaque ville ». Et d’ajouter que « d’ores et déjà, les institutions françaises et italiennes – à l’image de la FHCM et de la Camera Nazionale della Moda – travaillent étroitement ensemble. Des rapprochements avec des initiatives spécialisées comme le Sustainable Leather Forum pourraient s’inscrire dans cet esprit d’ouverture et de partage, mais rien n’est arrêté aujourd’hui ».
Certaines villes, comme Milan, ont-elles vocation à se pencher davantage sur les problématiques durables du cuir ? « Pourquoi pas », répond Isabelle Lefort, refusant cependant de s’engager à ce stade, tout en précisant : « c’est précisément la logique de la Coalition que chaque ville parte de ses enjeux propres et de son écosystème local. Milan, au cœur de la filière cuir italienne, définira ses priorités lors de son atelier, prévu en octobre 2026 ».

Après la Vague 1, une deuxième vague est annoncée alors que « des discussions sont en cours avec São Paulo, Dhaka, Mumbai, Tokyo, Séoul et Berlin. L’intégration de villes chinoises est aussi à l’étude.

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Rédaction Sophie Bouhier de l’Ecluse

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