Les légendaires #10 : le Brillant de Delvaux, une histoire belge
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Tourner la page du quiet luxury, du néo-minimalisme et autres simplicités et (parfois fausses) modesties vestimentaires, de nouveau la mode s’amuse ! Elle est un espace de (ré)création, elle fait la fête et enjolive les existences, les robes virevoltent, broderies comme des feux d’artifice ou des confettis, cuirs précieux et exotiques aux couleurs pop, reflets chatoyants et irisations fascinantes, destroy pour de faux, c’est une envie d’amusement, de légereté et de sourire qui semble avoir déferlé sur les podiums de cette saison prêt-à-porter printemps été 2027 !
Elle est de retour, la couleur, ou plutôt les couleurs, franches, pastels, mais aussi les imprimés, les cuirs précieux, les cuirs fantaisie… Manteau de cuir brodé de médaillons pop chez Burberry, imprimé de fleurs japonisantes sur les néo-perfectos Maison Margiela, imperméable jaune d’or ou combo jupe et brassière rouge Ferrari chez Tod’s, bleu glacier pour 3.1 Phillip Lim, legging bordeaux et silhouette color block pour cette nouvelle ère Moschino par Loris Messina et Simone Rizzo, irrésistible petit sac en autruche pink chez Dior, mini sac aussi cuir façon croco lavande chez Chanel, même coloris pour les jupes en cuir de Julian Klausner pour Dries Van Noten, rayures patchs en cuir multico pour Niccolò Pasqualetti… Veste vert émeraude et sac en python jaune d’or chez Valentino avec la musique pop de Madonna et Troye Sivan « Party » en bande-son obsessionnelle et entraînante pour un défilé comme une techno party improvisée dans une bibliothèque… Mais aussi rouge coquelicot et vêtement transformable hyper ludique, proposant ainsi une nouvelle approche d’un luxe transformable, adaptable, multi-usages chez Hermès (dont on attend en janvier 2027 la collection haute couture). Même esprit évolutif avec ces jeux de zips et des silhouettes aux vêtements et accessoires transformables, des pistes déjà amorcées la saison précédente chez Givenchy par Sarah Burton qui, doucement mais sûrement, redéfinit une nouvelle esthétique et grammaire à la maison parisienne. Jeux de couleurs vives ou pastels, contrastes de doublures colorées pour les accessoires Jil Sander, même façon de faire, et mélange de peausseries colorées pour la maroquinerie Dries Van Noten. Et des accents Stabilos fluo balle de tennis pour les accessoires Lacoste.
Ici le cuir se fait des plus évocateur, un feu fétichiste, ou carrément sexy provoc’ avec les pièces d’Alexandre Herchcovitch, façon lingerie, body échancré, bustier zippé, cuir façon carapace… Même influence avec des cuirs façon croco en brassière ou combo veste et jupe chez Mugler. Chez Tom Ford, par Haider Ackermann, aussi le sexy se réinvente, moins radical que les années Tom Ford. Le cuir se fait bustier, travaillé en nœud posé à même la peau, en total look veste nonchalamment ouverte sur soutien-gorge… Pour Sacai, cette saison, le cuir est prétexte à la réinvention et célébration du girl power. Jupes volantées ou franges qui se balancent au gré des pas, la matière cuir redessine la silhouette dans un esprit aussi urbain qu’expérimental. Volume spectaculaire et allure couture pour de longues robes à traine ou des blousons de cuir coupés comme des blouses de soie chez Balenciaga. Autre designer qui continue d’installer sa personnalité dans une maison aux codes déjà largement établis, Duran Lantink chez Gaultier entreprend de revisiter les classiques de la maison… Version cuir, la robe cage, le bustier, le soutien-gorge au seins coniques, le designer impose sa singularité dans une collection aux propositions démonstratives mais aussi des pièces plus commerciales. Mi-blouson, mi-robe, plutôt très court, mais là aussi résolument sexy la silhouette combo short et blouson de cuir de Barbarui Bui, mini-mini aussi le micro short Fendi ou le total look cuir Gucci par Demna Gvasalia qui, saison après saison, déconstruit puis reconstruit ces archétypes des clientes, comme un revival de cette imagerie jet-set porno chic des années 90…
La jupe est l’incontournable de la saison, comme le before d’une soirée paillettes… Exercice de style impeccable chez Prada, où Raf Simons et Miuccia Prada, imposent cette pièce comme élément incontournable de la garde-robe de la saison, dans ses versions cuir, des combo hyper graphique, noir et rose, noir et jaune acide ou noir et purple. Chez Chanel par Matthieu Blazy, des propositions de jupes cuir faussement sages répondent à l’incontournable tweed maison… Façon soierie, tout en fluidité, les manteaux Celine par Michael Rider qui, lui aussi, a la délicate mission de s’affranchir de l’héritage rock d’Hedi Slimane, en réinventant cette femme Celine, bourge-intello… mais pas trop ! Cuir tout en fluidité aussi, comme un foulard posé à même la peau chez Niccolo Pasqualetti. Chez Loewe, le cuir est au cœur du propos et de l’héritage de la maison, et là encore, la mission des deux garçons Lazaro Hernandez et Jack McCollough, est d’insuffler une nouvelle écriture – après les années JW Anderson – à la maison espagnole, toujours sur cette ligne de crête qui oscille entre innovation et artisanat, palette de couleurs primaires devenue leurs signatures graphiques : ils proposent cette saison des jupes taille haute, des mini robes à larges volants mais aussi des sweats en cuir nappa, de longs manteaux ou vestes en cuir oro suédé, pièces statutaires mais aussi résolument mode ! Long manteau, pantalon effilé ou jupe crayon en nappe d’anguille chez Balmain par Antonin Tron, qui fait de ce matériau l’un des propos fort de sa collection, pour cette allure juste ce qu’il faut de dévergondée, jupe boule façon croco prête pour aller danser chez Ermanno Scervino aussi…
L’un des défilés les plus commenté, spectaculaire de par sa mise en scène mais aussi par sa collection, la dernière collection d’Anthony Vaccarello pour Saint Laurent (le groupe Kering annoncera le départ du créateur dix jours après ce défilé). Pléiade de superlatifs, ultra luxe, ultra précieux, flamboyant, pour un défilé quasiment tout en or, sous un lustre aussi monumental que la tour Eiffel en arrière-plan, des soieries, des dentelles brodés, des brochés et des brocards et toute une proposition de cuir façon or cabossé, martelé, crispé… Chez Dries Van Noten, des souliers, néo-mocassins et des cuirs miroir, façon feuille d’aluminium ponctuent et décalent efficacement les silhouettes et imprimés romantico-pop de cette collection.
Robes dans le vent, iridescence, volumes aériens, mais aussi fantasmes « rétro futur » avec des pantalons de cuirs ou des perfectos aux lignes graphiques et acidulées, dans des cuirs glacés, ultra souples, comme des secondes peaux, tout près du corps et qui contrastent avec la fluidité des jupes ou pantalons Louis Vuitton et ce décor futuriste clean de flying cars car déjà redigérée à grand coup d’intelligence artificielle sur les réseaux ! Découpes futuristes, découpes géométriques, allures graphiques, peaux lisses gris béton pour les manteaux et robes néo sixties Mulberry. Chez Coach, l’ambiance c’est un after d’une fête bien arrosée ! Dans ce défilé mixte, l’allure est androgyne, les longs manteaux de cuir, en gris, en noir, se porte indistinctement par les garçons et les filles et cohabitent avec ces silhouettes glitter ou lurex, avec ces sacs et sneakers en cuir imprimés confettis… Onirisme encore, mais version Mad Max, cuir destroy, musique alternative avec ces looks Diesel et ces cuirs comme fusionné avec des mailles ou du denim… Cette saison encore, le cuir se fait le substrat des aspirations et envies du moment, la mode et la créativité, comme un espace, et une réponse d’insouciance bienvenue… Et maintenant, si on dansait ?
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Rédaction Florent Paudeleux
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