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À l’approche de sa 8ᵉ édition, le Sustainable Leather Forum poursuit ses entretiens avec les membres de son Comité d’experts. Rencontre avec Olivier Marsal, Directeur du Pôle Veau Chèvre Bovin chez Hermès Cuirs Précieux.
Je suis directeur du pôle Veau Chèvre Bovin au sein d’Hermès Cuirs Précieux, la division de la maison Hermès dédiée aux cuirs. Cela comprend le pilotage des activités liées à la transformation et à la valorisation de ces matières emblématiques issues de nos savoir-faire Hermès.
Je considère que c’est avant tout une évolution positive : nous restons ancrés dans notre savoir-faire historique de tanneur. Depuis quelques années, de nouveaux enjeux prennent de l’ampleur, comme la préservation des ressources (notamment l’eau), la décarbonation ou encore la traçabilité des filières. Parallèlement, la demande des marques évolue et s’accélère vers toujours plus de singularité. Nos métiers ne changent pas dans leurs fondamentaux, mais ils s’enrichissent, notamment avec la data. Le but étant de créer des cuirs toujours plus uniques, authentiques et porteurs d’émotion pour nos clients.
Être durable, cela commence par rester fidèle à notre identité : être tanneur, préserver nos savoir-faire, les transmettre et continuer à les valoriser. C’est notre première responsabilité. Ensuite, le défi consiste à intégrer de manière ambitieuse les nouveaux enjeux environnementaux : décarbonation, traçabilité, gestion des effluents, ou encore adaptation au stress hydrique. La bonne nouvelle, c’est que nous accélérons dans cette direction, portés par des innovations technologiques désormais accessibles. L’enjeu est donc d’avancer sur ces sujets tout en maintenant l’exigence de qualité qui fait la singularité de nos cuirs.
Je crois beaucoup à la désirabilité émotionnelle du cuir. Bien sûr, elle est liée à la durabilité : un cuir mieux tracé, décarboné et porteur de savoir-faire uniques devient de manière intrinsèque plus désirable. Mais au-delà de cela, le cuir reste une matière profondément émotionnelle. Quand on le touche, qu’on le porte ou qu’il s’exprime à travers un objet comme un sac, il crée une sensation unique. Je suis convaincu que tant que nous saurons entretenir et renouveler cette capacité à générer de l’émotion, nous contribuerons à la création d’objets désirables. C’est un véritable enjeu pour l’avenir du métier.
Rendez-vous le 7 septembre à la Maison de la Chimie à Paris.
Pour s’inscrire
https://www.slf-paris.com/fr/billetterie
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