Sandales en cuir pour femme : comment bien les choisir et les entretenir
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Matière d’exception, héritage et promesse d’innovation, le cuir conjugue sensualité, fonctionnalité et permanence. La couleur en révèle toute la profondeur. Rendre compte du luxe d’une matière, de sa chaleur, de son intemporalité, de son « ancrage mode », de sa fonctionnalité : autant d’intentions et d’évidences que la couleur sublime et souligne. Des couleurs qui surprennent autant qu’elles rassurent et entretiennent avec le cuir un rapport des plus tendres, mais néanmoins complexe. Sur cette matière aux multiples expressions et usages, imaginer, saison après saison, les couleurs du désir, de l’émotion et de la mémoire constitue un exercice aussi périlleux qu’exaltant… Regards croisés avec ces experts et passionnés de la couleur et de la matière cuir, sur la couleur en général et les coloris de l’automne-hiver 27-28 en particulier.
« Quoi de plus émouvant qu’un fin chevreau gris perle. Quoi de plus sensuel qu’un veau velours aubergine à reflets violets. Quoi de plus éclatant qu’un tannage aniline vert pomme… Si la couleur rencontre le cuir, elle a de la chance, c’est son meilleur allié », confie Claude Vuillermet, Directrice Artistique collection cuir, pour illustrer cette connivence et ce rapport tout particulier de la matière cuir et de la couleur. « Les cuirs et peaux constituent des supports d’une richesse exceptionnelle, capables d’offrir une profondeur, une intensité unique aux teintes », renchérit Carine Montarras, Cheffe de projet – experte cuir au sein de l’équipe Mode de Première Vision qui, chaque saison à travers les forums de tendances et la gamme de couleurs, rendent compte de l’infinité et de la variété des propositions des tanneurs et mégissiers. Parce qu’il est vivant, le cuir se patine. Sa couleur évolue avec lui. Cette relation entre couleur et cuir demeure particulièrement exigeante. Trop coloré, trop couvert, il perd de sa noblesse, de son authenticité. « En nos ateliers nous avons l’habitude de dire à nos clients qu’on ne peut tout avoir ! Il faut choisir entre naturel transparent et solidité saturée », résume Jérôme Verdier chez Alran. Et puis, un « coloris n’existe jamais seul : il dialogue avec une texture, une finition, un toucher. Un même bleu ciel ne racontera pas la même histoire sur un agneau vernis que sur un veau nubucké », précise Carine Montarras. Autant de paramètres qui rendent l’expression de la couleur sur le cuir particulièrement complexe. Une expression qui, au gré des engouements mode et des innovations technologiques, ne cesse de se réinventer. La couleur et le cuir : un équilibre entre exigence technique et évidence esthétique.
Ainsi dans la construction d’une gamme, la recherche de la juste nuance, nourrie d’intuition, de sensibilité artistique, d’analyses comportementales, d’observations des marchés, aboutit à des arbitrages. Dans les bureaux de style et les tanneries s’équilibrent envies, élans chromatiques et des choix plus rationnels. Autant de choix, autant de renoncements ! « Des partis pris doivent s’imposer afin de ne pas trop avoir de nuances. Il faut savoir trancher, et en enlever si nécessaire ! », explique Jérôme Verdier.
… Même chose chez Première Vision, où chaque saison un collectif d’experts et acteurs de la mode, qui croisent intuitions, signaux créatifs émergents, élaborent une gamme pensée pour l’ensemble des métiers de la mode. « Les spécialistes du secteur cuir développent ensuite une sélection plus resserrée, pensée pour répondre aux réalités et aux besoins spécifiques des industriels du secteur », précise Carine Montarras. Ces renoncements, cette rationalisation stylistique deviennent aussi un formidable moteur de création. C’est ce que détaille Claude Vuillermet : « Comme pour toute création de gamme de couleurs, la couleur est liée à la matière mais aussi à sa destination et à la prise en compte des contraintes techniques liées à cette matière. L’exercice doit rester subtil : valoriser la matière, créer la surprise, anticiper la mode, sans oublier les beaux classiques. Le fait que le cuir soit une matière qui dure et se bonifie avec le temps entre aussi dans la réflexion. L’attrait final de la gamme, l’effet « wahoo », sera un équilibre entre audace et classicisme… ».
C’est à travers cette approche et cette mécanique que les couleurs de l’automne-hiver 27-28 s’imposent. « On favorisera les pigmentations élaborées, des teintes subtiles. Demi-teintes grisées, nuances organiques hybrides et vifs feutrés exprimeront une matière vivante et singulière », annonce Carine Montarras pour détailler les parti pris de la saison. Seront particulièrement plébiscités aussi les coloris saturés et pointus, la couleur semble en mutation. Les irrégularités du grain mais aussi des couleurs intriguent autant qu’elles fascinent. Les verts, les verdis naturels ou sophistiqués domineront la saison. Vert tendre jusqu’au bleu pervenche chez Alran. Verts sophistiqués, verts feutrés, vert émeraude, nuances de vert de gris, « vert marécage » sur des grain buffle chez Sciarada. Vert « mousse » luisant et changeant, en agneau plongé chez Lauret. Vert « glauque » et mystérieux, et un tannage semi-aniline et huile pour un look très wild et costaud chez Arnal. Kaki froissé et sauvage chez Pellican. Palette de verts qui s’étendra jusqu’aux turquoises, options que confirme et détaille Claude Vuillermet, qui a aussi développé ces teintes dans les gammes mises au point pour ses clients tanneurs.
De la chaleur aussi, avec des rouges travaillés, brunis, burgundy, pourpre, bordeaux jusqu’aux violines, très profonds, aspect satiné mat sur agneau (Lauret) ou vernis légèrement embossés (Indutan). Réchauffer l’hiver encore, avec ces tons de bruns chauds, des beiges mielleux sur peaux lainées (chez Inducol), grain chèvre coloris bruns-orangés, marron glacé (chez Alran), aspects lisses naturels presque bruts (chez Pellican), teintes de caramel aperçus aussi sur des peaux exotiques, galuchats et crocos travaillés tout en souplesse (chez Italhide), bruns poussière, moucheté chez Sciarada… Autant de teintes et peausseries repérées lors de l’édition de Première Vision Blossom en juin, prélude aux salons de septembre à Villepinte. La couleur, et les envies de la saison, seront particulièrement versatiles. Les gammes soufflent simultanément le chaud et le froid. C’est ainsi, que s’imposeront des demi-teintes, des aspects givrés, bleus glacier « façon iceberg » (chez Lauret), des reflets d’argent, façon laque, griffés sur croco (Italhide), des irisations entre bulle de savon et pierre de lune, des nacrés précieux et délicats, entre blanc et rose dragée (chez Alran). Des couleurs, et plus encore des effets de « tons très froids qui évoquent la neige, la glace, les bois gelés » qui intéresse et que préconise comme un axe de développement à privilégier Claude Vuillermet pour cet automne-hiver 27-28. En tension, entre chaleur organique et froideur minérale, la couleur se fait révélateur de la matière, éminemment sophistiquée sans ostentation, moins démonstrative et plus sensible.
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Rédaction Florent Paudeleux
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