Comment choisir son prochain sac à main femme
Entre les matières, les formats et les usages du quotidien, trouver le sac à main qui correspond vraiment à ses besoins n'est pas toujours simple. Voici ...
La rigueur artisanale et l’expérimentation ont investi la dernière Milan Design Week, rampe de lancement leader sur son secteur. Notamment dans les domaines du siège et de l’éclairage, tour à tour audacieux, épuré, ultra technique… La qualité tactile du cuir, combinée à sa richesse sensuelle, a transformé six projets exigeants en pièces phare profondément originales.
« Faire ensemble Crafting The French Art de vivre. » Le titre de l’exposition organisée par les manufactures nationales – Sèvres et Mobilier national -, ainsi que les Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV) est à lui seul un manifeste… Cette vitrine collective de l’excellence du design hexagonal à échelle internationale s’est ancrée dans le quartier historique 5Vie de Milan. La jeune maison Source Édition faisait partie des marques invitées. Un duo féminin est à sa tête, plus précisément une mère et sa fille. Isabelle de Ponfilly et Joséphine Bursacchi l’ont lancée en 2025 pour rééditer des pièces du design du XXe siècle, période 1950-1970. La première – ex Knoll, Vitra France – est une experte des process industriels et artisanaux de fabrication. « Les pièces que nous sélectionnons sont parfois oubliées, jamais éditées ou archivées dans les réserves du Mobilier national, dit-elle. Nous les rééditons fidèlement et les faisons fabriquer dans des ateliers européens d’excellence. Elles incarnent un dialogue fécond entre patrimoine et création. » Et sa fille d’ajouter : « Un meuble n’est pas figé, c’est une mémoire en mouvement. Rééditer, c’est réactiver un lien entre création artisanale et usage ». L’assise réalisée en 1967 par André Monpoix (1925-1976) en est la preuve. C’est à la demande du ministère de la Santé et des Affaires Sociales que le Mobilier national sollicite alors le designer parisien. Le diplômé des arts décoratifs – petit-fils d’ébéniste – est aujourd’hui peu connu. Il a pourtant laissé une empreinte durable sur le mobilier d’après-guerre. Son fauteuil Dialogue a d’abord meublé le bureau de Simone Veil dans sa version originelle en tweed. Sa ligne épurée, son élégance fonctionnelle lui ont permis de résister au temps sans prendre une ride ! La modularité de la chauffeuse, qui peut ainsi évoluer en canapé, est une autre caractéristique parfaitement adaptée aux intérieurs contemporains. La réédition de 2026 introduit le cuir pour la première fois. Un cuir bleu ciel, d’un seul tenant, qui s’enroule littéralement autour de la structure en bois. « J’ai eu envie de le rhabiller dans cette teinte peu courante mais d’autres versions sont possibles à la demande du client, précise Isabelle de Ponfilly. Le cuir est disponible dans une cinquantaine de coloris. La fabrication, gainage compris, est italienne. » Le made in Italy est aussi à l’œuvre sur un autre siège emblématique de la fin du XXe siècle : la CH66 rééditée par Cassina avec Karakter. Cette chaise tubulaire, à fort impact visuel et qui a séduit le MoMa de New York, doit son nom à son année de naissance, 1966. « Elle est résiliente, élastique et si légère qu’elle n’encombre pas l’espace, souligne son designer Nicos Zographos (1931-2023). Elle est ce qui se rapproche le plus d’un type de chaise pur et précis. » Le Grec, très proche du Bauhaus, a en effet combiné légèreté structurelle et tension dynamique. Pour y parvenir, il a construit une géométrie rigoureuse, basée sur une ligne continue de tube d’acier et de cuir de sellerie. Les deux matériaux équilibrent le contraste, tout en contribuant à la robustesse et au confort. « L’assise et le dossier ont exactement la même courbure, note l’éditeur. Ils sont en cuir de sellerie, tendu, fixé à l’aide de ressorts métalliques, volontairement apparents. » Un mix réussi de souplesse et d’esthétisme raffiné.
Zaha Hadid (1950-2016) a redéfini le langage architectural dans le monde entier : formes fluides, volumes en porte-à-faux, compositions asymétriques et déstructurées… L’Irako-Britannique a fait du design biomorphique, volontiers futuriste, une signature à part entière. Le studio ZHA prolonge son héritage au troisième millénaire. En témoigne la collection Erosion, qui a vu le jour en 2024, avec une table et une console en marbre de Carrare, éditées par Neutra. La géologie et ses transformations en mouvement sont à l’origine de volumes organiques, pensés pour l’ameublement. Aer Low Chair, dévoilée en 2026, met toujours l’accent sur la forme et la matière. L’introduction du cuir et de la fibre de carbone explore cette fois la légèreté à travers une assise basse toute en tensions. À la croisée du design et de la sculpture, elle réussit un équilibre dynamique, marqué par la courbe et une haute précision. Le siège Blob obéit, lui aussi, à une vision radicale nourrie d’architecture. Le studio de design milanais NM3 l’a conçu pour la marque Visionnaire. Il en parle comme d’une « expérience spatiale ». Au Corso Como, où la méridienne était exposée, elle était la pièce centrale d’un ensemble mobilier plus large. « Blob vise une tension esthétique, une perception visuelle du confort », poursuit NM3. Le trio composé de Nicolo Ornaghi, Francesco Zorzi et Delfino Sisto Legnani est connu pour son travail minimal de l’acier. Le projet au sein du concept-store décline la pureté formelle avec un nouveau venu, le cuir. Blob est « un volume continu, moulé autour d’un noyau sculpté avec une précision technologique, ajoute NM3. Des éléments distincts gainent la structure comme une seconde peau ». Un cuir couleur caramel, rembourré et cousu, contraste avec la coque en résine et des détails métalliques, tels des « repères graphiques ». L’assise marque l’espace par sa présence sinueuse, aléatoire. Le cuir fait partie intégrante de son geste architectural.
La maison Longchamp a trouvé sa place sur la scène design proposée à Milan. Depuis quatre générations, elle perpétue son héritage familial de la maroquinerie et invite régulièrement dans son flagship des designers internationaux à la vision affirmée. Tel Patrick Jouin, cette année. « Cette nouvelle collaboration exclusive est née d’un dialogue très fluide autour de la matière, du dessin, de l’usage, explique Sophie Delafontaine, à la tête de la création artistique. Elle conforte notre engagement de longue date à valoriser les savoir-faire sous toutes leurs formes. » Pour ses débuts chez le maroquinier français, Patrick Jouin créé une lampe nomade, qui est aussi un objet singulier. Son nom Ostara est une référence à la célébration de l’équinoxe de printemps. Un subtil jeu de matières la caractérise : du bois de chêne français pour le socle circulaire rechargeable et un cuir pleine fleur d’une seule pièce, qui a été revalorisé. « Nous l’avons microperforé à la mèche et non au laser, précise le designer. Le cuir a été travaillé comme une matière vivante. Il ne recouvre pas l’objet, il le structure. Il filtre la lumière et crée une présence souple et précise à la fois. » Patrick Jouin repousse volontiers les matériaux dans leurs retranchements. Pour autant, la pureté formelle est toujours la ligne directrice. Ostara ne fait pas exception à la règle. L’objet lumineux, qui se transporte grâce à sa poignée de sac à main, est fonctionnel, sculptural. « Avec Longchamp, il ne s’agissait pas de transposer des codes mais d’en comprendre l’intelligence, poursuit-il. Celle d’objets pensés pour accompagner le mouvement, s’inscrire dans le quotidien ». La lampe – démontable – est ainsi livrée à plat et ses boutons pression prolongent la collection Pliage, née au début des années 1990. Son ouverture/fermeture est identique à celle d’un sac, à travers « un geste simple ». L’inspiration qui sous-tend Tulissè, parmi les nouveautés Poltrona Frau, est tout aussi raffinée. La lampe dessinée par atelier oï est aérienne, évoquant librement le tutu en tulle d’une ballerine. Pour la réaliser, le studio suisse de design et d’architecture a utilisé le dernier développement d’un cuir tanné sans chrome, le Pelle Frau Color Sphere Impact Less. « Nous avons cherché à explorer la torsion et la tension du cuir, précise le trio composé d’Aebi Aurel, Louis Armand et Reymond Patrick. Chez atelier oï, nous travaillons toujours à l’écoute des matériaux. Notre processus créatif naît d’une émotion et prend forme à travers la main. » Un savant process de découpe, pliage et assemblage de cuir bicolore sophistique l’abat-jour à effet tridimensionnel. La lumière se diffuse avec une grande douceur à travers les plis. Le contraste avec la base en verre soufflé bouche au subtil dégradé semi transparent est aussi bien tactile que visuel. « Tulissè traduit une nouvelle idée de l’élégance guidée par l’innovation et une sensibilité artisanale », confirme Nicolas Coropulis, CEO de Poltrona Frau.
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Rédaction Nadine Guérin
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