Ambassade Excellence,
vitrine du Made in France

Hors des sentiers battus de la distribution, Ambassade Excellence propose une offre largement mixée mais avant tout qualitative, incitant à une consommation locale et réfléchie où le cuir occupe une place de choix.

Les précédents parcours de Sandrine et Vincent Bergerat dans la mode, l’une dans les relations publiques, l’autre dans la presse, ont fait de ces deux frère et sœur de fins observateurs de celle-ci. Alors face à la recrudescence de marques et de magasins, ils ne pouvaient que s’interroger sur le sens de cette spirale infernale de surconsommation qui épuise les ressources de la planète et sature les clients. « Nous avons ressenti une forte demande autour du Made in France et de produits de qualité, durables et responsables », déclare Vincent Bergerat. Alors pour préparer l’ouverture de leur boutique et nourrir sa philosophie, ils ont commencé par créer en 2016 un média en ligne publiant leurs coups de cœur et leurs marques favorites. « Je me suis inspiré de boutiques japonaises que j’ai découvertes dans les années 1990, dont la démarche n’est pas intégralement concentrée sur le produit, mais élargie à un concept et accompagnée d’un contenu culturel » confie le directeur artistique du projet. Six mois plus tard, ils lançaient une boutique en ligne pour commercialiser des produits scrupuleusement sélectionnés pour leur provenance hexagonale mais aussi leur qualité et leur conception si possible écologique.

Un projet multicanal original

« Nous ne nous limitons pas à la mode mais proposons toutes sortes de produits pourvu qu’ils remplissent nos critères, du design aux accessoires, en passant par des cosmétiques, des arts de la table et même des denrées alimentaires » continue Vincent Bergerat. À l’hiver 2017, ils ouvrent une boutique éphémère pendant cinq mois, sous le Viaduc des Arts à Paris, « pour tester la viabilité sur le terrain de notre idée ». Fin 2018, après cette validation, ils inaugurent la boutique rue du Vert Bois, « dans une zone plus fréquentée, avec un projet de quartier conçu et géré par des investisseurs dynamiques ». Pour autant, ils ne mettent pas fin à leur présence sur la toile et profitent au contraire « de la complémentarité des deux univers » pour doper leur activité. « L’un renvoie à l’autre ; certains produits, comme les jeans, se vendent mieux en boutique ; d’autres, comme les couteaux, ont plus de succès sur internet » observe ce commerçant de pointe. Dix événements par an, pour la présentation d’une marque ou d’un service, animent le point de vente, souvent en lien avec d’autres enseignes du quartier, sous la forme d’un cocktail en musique avec un DJ. Avant l’été, c’était les chaussures masculines de la griffe Timothée qui étaient présentées avec la présence de son égérie le danseur François Alu. En septembre, Ambassade Excellence célébrait la Design Week. Le mois prochain, la marque de vêtements masculins en cuir Aisthaet fêtera son arrivée dans le point de vente. Le tout repris sur les réseaux sociaux, Instagram en tête où Ambassade Excellence compte déjà plus de vingt-six mille abonnés.

Ambassade Excellence se trouve rue du Vert Bois, au cœur d’un nouveau quartier parisien.

Une sélection de marques légitimes

« Au total, nous commercialisons une cinquantaine de marques dans vingt-deux pays, résume Sandrine Bergerat, plus en charge de la gestion de l’entreprise. Depuis le début, chaque année, nous doublons le chiffre d’affaires. En 2019, les ventes réalisées en boutique seront trois fois supérieures à celles réalisées en ligne ». Lassés de la mode « Kleenex » par essence non-écologique et sceptiques sur son avenir, les deux entrepreneurs définissent leur boutique comme l’antithèse de Colette, selon eux success story d’une époque révolue. Ils ont donc recentré leur offre sur des « archétypes » durables, plutôt intemporels, « alliant le beau et l’utile » et issus d’un savoir-faire particulier, dans un esprit de confidentialité, voire d’exclusivité. Le panel des marques privilégie des griffes souvent anciennes, parfois labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant, dont la légitimité est incontestable mais ne se refuse pas quelques nouveaux venus. C’est ainsi que notre sympathique fratrie promeut les jeans d’Atelier Tuffery, les pulls de Fileuse d’Arvor, les tee-shirts marins Le Minor ou les chaussettes de Cornaërt.

Ambassade Excellence distribue la marque d’accessoires en cuir de tannage végétal l’Anguille.

Le cuir incontournable

Le cuir fait évidemment partie de leur univers, avec des marques telles que Chapal, « un tanneur à la base, qui a habillé les premiers aviateurs », l’Anguille (ceintures, étuis à lunettes et à téléphone), Olivia Clergue (sacs-à-mains), Timothée « qui fait fabriquer à Cholet ». « Comme valorisation des peaux en tant que déchets de l’alimentation, le cuir est une matière écologique » déclare Vincent Bergerat. « Avec la consommation de viande qui diminue, il risque d’être, à l’avenir, moins présent dans les collections. Mais on aurait du mal de s’en passer » poursuit ce convaincu pour qui l’attachement de l’homme au cuir est immémorial, son amour du cuir quasi ontologique. Malgré un penchant assumé pour le cuir de tannage végétal, Sandrine et Vincent Bergerat ne s’interdisent pas d’autres types de cuirs « parce qu’on ne peut pas tout réaliser en cuir de tannage végétal ». Des partis pris affirmés ne sont pas incompatibles avec un sens des réalités.

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Rédaction François Gaillard
Photos © Christophe Bouquet

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