Vaincourt élargit son territoire aux bracelets et sacs

Sophie Gachet, Directrice Générale de Vaincourt.

La spécialiste des ceintures haut de gamme, née en 2011, développe des accessoires sophistiqués en cuir made in France, avec des bracelets et sacs. De quoi doper son chiffre d’affaires, notamment à l’export.

Corset en cuir La Virevoltante de Vaincourt.

Le cuir, constitutif de la marque

Fidèle au poste depuis sa création en 2011, hors période du Covid, la maison française Vaincourt était à nouveau exposante au salon parisien Première Classe en mars dernier.  Avec une offre plus seulement centrée sur ses ceintures, sa base historique, mais introduisant de nouveaux accessoires. Elle reste cependant axée sur le cuir « une matière qui nous constitue », souligne Sophie Gachet, à la tête de Vaincourt depuis septembre 2020.
Cette ancienne de TAG Heuer et Louis Vuitton, dont elle avait développé les montres, bijoux et accessoires, a succédé à Denis Vignon après le rachat de la maison par un groupe d’investisseurs (dont lui-même) à sa fondatrice, Elisabeth Schmitt.  À 57 ans, Sophie Gachet se dit aujourd’hui ravie d’être « ambassadrice du vrai made in France », avec l’autre salariée de l’entreprise, Morgane Malejac, Directrice Commerciale arrivée également en 2020.
En s’adossant sur le styliste historique de la maison, « un acteur de la Haute Couture » et de jeunes stylistes freelance, le duo de dirigeantes met aussi la main à la pâte de la création, par exemple en dessinant des modèles de boucles pour les ceintures ou en donnant des impulsions. Une implication que Sophie Gachet juge nécessaire. « C’est en étant dans la maison qu’on a la vision de ce que l’on souhaite faire et que l’on sait jusqu’où la direction artistique peut aller. » Une vision qui cultive l’ADN de la marque, celle « de couturier de la taille » ou « d’architecte de la silhouette ».

Première diversification

C’est dans cet esprit qu’est née la première diversification de Vaincourt, en 2024, avec des bracelets. « Puisque nous entourons la taille, nous pouvons entourer les poignets », souligne la dirigeante. « Au départ, les modèles étaient des miniatures de nos ceintures, comme le corset La Délicieuse, avant de s’inspirer plus largement de la marque et ses ceintures, comme ce bracelet double tour reprenant le monogramme de la marque. »
Un peu moins de dix modèles sont ainsi déclinés dans les mêmes cuirs que les ceintures, soit désormais presqu’en totalité du veau lisse ou grainé, tous certifiés or ou argent Leather Working Group (LWG), sourcés en France, Italie, Espagne ou Belgique. Comme les ceintures, les bracelets sont par ailleurs doublés d’un cuir tanné végétal issu d’une tannerie propriété d’un grand groupe de luxe.  Également made in France, les boucles sont, elles, en laiton ou laiton gainé de cuir. Un sac, baptisé « Le Merveilleux » équipé, comme sa ceinture hyper géométrique « La Merveilleuse » d’une boucle gainée est, lui, né en novembre dernier. « Son format rectangulaire universel, accueillant un grand iPhone ou un livre de poche, et un jeu astucieux de bandoulières avec cinq longueurs possibles en font, au choix, un sac de jour ou de nuit », explique Sophie Gachet. Proposé, lui aussi, en veau lisse ou grainé, le Merveilleux est doublé d’un cuir de chèvre chamoisé ultra doux sourcé chez Nona Source, la plateforme des invendus de LVMH.  Côté palette, il a adopté, dans son premier jet, les teintes subtiles chères à Vaincourt – camel, taupe et marine – avant d’introduire l’aubergine à Première Classe. Autre nouveauté 2025, deux petits porte-cartes tricolores, « ludiques et plus faciles à retrouver au fond du sac » avec une fente en forme d’ogive rappelant les ceintures, en veau doublé de cuir classique, accompagnent le sac.

La femme première cible

Enfin, la dernière gamme “Les Naturelles” présentée au salon Première Classe en mars, réunit des ceintures tannées végétalement, mais toujours féminines et poétiques, avec des boucles en forme d’étoile de mer ou de cœurs, plus accessibles (de 125 à 325 euros prix boutique conseillé contre 300 à 400 euros pour le cœur de gamme). Si de façon générale, la femme pèse 80% de son activité, avec des modèles créatifs justifiant le positionnement luxueux du made in France, Vaincourt s’adresse aussi à l’homme avec deux collections de ceintures, une réversible et une classique, revisitées depuis l’arrivée de Sophie Gachet.  « Nous nous démarquons de la concurrence par de nouvelles matières (comme un velours embossé façon tressage) et couleurs (orange flashy, bleu dur, moutarde…), avec des modèles sobres mais originaux, faciles à assortir à une tenue sans extravagance. » Le tout reste fabriqué dans deux manufactures françaises labellisées Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), situées en Normandie et dans le Limousin.
La marque est diffusée par une petite centaine de multimarques, dont deux bons tiers à l’export (Europe mais surtout États-Unis). Outre-Atlantique, « les droits de douane n’ont pas aidé en 2025, reconnaît Morgane Malejac. Mais nos clients haut de gamme, dont les grands magasins Bergdorf Goodman, Bloomingdale’s, Nordstrom) sont fidèles et nous avons malgré tout réalisé une très belle année 2025 ». La maison est aussi entrée l’an dernier au Japon grâce à un partenaire local.

Réseau en propre en projet

À Paris, Vaincourt est référencée au Bon Marché depuis 2022 et a installé un pop-up deux années de suite au Printemps. Mais la plupart de ses multimarques français sont en province (Cannes, la Baule, Lyon…). La société a en revanche fermé pendant la période du Covid sa boutique en propre, ouverte en 2015, rue de la Sourdière à Paris. Celle-ci a été remplacée en 2021 par un show-room vendant à la fois aux professionnels et au public. De quoi permettre à Vaincourt d’imaginer la relance d’un réseau monomarque, en France et à l’étranger, mais pas avant 2027. L’entreprise peut d’autant plus se permettre de rêver grand que son chiffre d’affaires n’a cessé de croître depuis la fin du Covid. Il a ainsi été multiplié par quatre depuis la reprise. Avec d’ores et déjà une bonne part occupée par les bracelets, vendus à prix plus accessible (environ 150 euros prix boutique conseillé).
Sophie Gachet se sent bien accompagnée dans l’aventure Vaincourt. Elle salue ainsi les outils précieux (cahiers de tendance, tests techniques sur la durabilité, guidages dans les réglementations…) fournis par CTC et la Fédération Française de la Maroquinerie.

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Rédaction Sophie Bouhier de l’Ecluse

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