ISO ET RSE
Leader européen qui fournit tous les secteurs de l’industrie, Gaston Mille fabricant de chaussures de sécurité à Courthezon dans le Vaucluse depuis quatre générations, garantit le Made in France (80% de sa production). Défiant la concurrence de l’Asie du Sud-Est ou d’Inde, l’entreprise est capable de fabriquer des chaussures made in France à 30 euros tout en s’investissant dans la RSE.
En conformité avec la norme ISO 9001 (management de la qualité) depuis des années, la société était la première en France à recevoir en 2006 la certification ISO SA 8000, relative aux conditions de travail. Depuis, l’organisation internationale de normalisation a défini un référentiel ISO 26000 sur la responsabilité sociétale des entreprises, c’est-à-dire qu’elle précise comment elles peuvent et doivent contribuer au développement durable. L’entreprise a également reçu le Trophée RSE PACA en 2007 sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale et obtenu la norme environnementale ISO 14001.
LA MODE SE DÉMODE, LE STYLE JAMAIS
Les « résidus de l’industrie alimentaire sont la matière première de la mode » et « 80% de l’impact environnemental se joue dès l’écoconception », soulignait Chantal Malingrey, Directrice Marketing et Développement des salons professionnels de sourcing Première Vision qui, au travers de la plateforme Smart Creation, explore les démarches responsables des exposants. Et après ? 630 millions de produits sont détruits chaque année, soit 49 millions d’articles de textiles et chaussures confondus, équivalant à 1,3 milliard de tonnes de gaz à effet de serre (NDLR – plus que le trafic aérien mondial) selon l’Ademe. Dans un monde de fast fashion et d’obsolescence programmée, le devenir des articles en fin de vie est un véritable enjeu de société. La norme AFNOR XP X30-901, cadre de référence pour soutenir les initiatives volontaires en matière d’économie circulaire, fera prochainement loi, soulignait Stéphanie Kerbach, Députée Présidente du groupe d’études RSE à l’Assemblée Nationale. Déjà en vigueur pour les produits alimentaires, le projet de loi sur l’économie circulaire textile, cuir, chaussures invendus (art.5) en cours d’examen au sénat va obliger les acteurs à prendre des nouvelles mesures. La réutilisation est une solution mais d’autres pistes sont envisagées comme le démantèlement pour transformer la matière en énergie, l’écoconception… La durabilité d’un produit doit être prise en compte également.
CYCLE DE VIE ET ÉCONOMIE CIRCULAIRE
Thierry Poncet, Responsable des départements Cuir et Développement Durable chez CTC, a effectué des travaux de recherche sur la chaussure en fin de vie. En résulte le projet Thermicuir en partenariat Eco TLC visant à produire de l’énergie avec du cuir de chaussures usagées ou des chutes de cuir issues de la phase de production. Le graal ? Mettre en œuvre ce procédé en tannerie pour remplacer le chauffage au fuel.
Francisco Valente, Leather Conception Leader chez Decathlon International, exposait un autre projet novateur confronté à la même problématique d’industrialisation du process. Avec le concours d’une université portugaise (ISEP), du centre technologique des tanneries portugaises (CTIC) et du fournisseur de produits chimiques Chemilinks, l’entreprise souhaite valoriser les déchets de l’industrie du papier en agent de tannage végétal (Eucalyptus Globulus Project).
Comment générer de la croissance sans user des énergies renouvelables ? Passer de la vente d’un produit à la location de ce produit. C’est ce que propose l’enseigne Bocage du groupe Eram, autre leader de la chaussure en France (6 000 collaborateurs, 1 100 points de ventes, 11 marques de mode accessibles). Les femmes peuvent désormais louer, retourner leurs paires de chaussures en magasin, elles seront remises en état avant de retrouver de nouveaux pieds. Au-delà de l’expérience, le concept disruptif Atelier Bocage veut en finir avec l’obsolescence programmée grâce à des produits de meilleure qualité, conçus pour consommer mieux et moins. La marque a déposé une demande de brevet pour cette innovation qui devrait être bientôt étendue à d’autres enseignes du groupe et un magasin « Comme neuf by Eram » doit ouvrir rue de Rivoli afin d’y vendre des produits de seconde main remis à neuf.