Suki Paris, slow fashion

SUKI PARIS Cordoba
Sac cavalière Cordoba en cuir de vachette grainé à tannage végétal noir ou camel, rabat à fermeture aimantée, 370€ prix boutique conseillé.

Née en 2015 sous les traits de crayon d’Amandine Simon, Suki Paris propose bien plus qu’une collection de maroquinerie. La marque se positionne comme une alternative à la fast fashion par sa démarche éthique et sociale.

Un artisanat venu d’ailleurs

Le projet Suki Paris puise sa source au cœur de l’Amazonie où Amandine Simon enseigne le violoncelle en Bolivie. Au gré de ses rencontres, la jeune professeure découvre le savoir-faire ancestral d’artisans maroquiniers et se forme auprès d’eux pendant son temps libre. De la fabrication des outils au tannage des peaux, en passant par la recherche de pigments naturels qui composent les teintures, elle apprend la précision du geste, le tressage du cuir et se passionne pour le travail de « cette matière noble aux innombrables déclinaisons ». Au-delà de l’initiation, elle vit une formidable aventure humaine dont les valeurs imprègneront sa marque de maroquinerie quelques mois plus tard. De retour en France, la jeune femme se forme « de manière plus académique », souligne-t-elle malicieusement, en suivant le cursus de Créateur Prototypiste à l’AFPA à Cholet. Amandine Simon et son compagnon Bruno Vormus donnent ensuite naissance à Suki Paris, référence multiculturelle à leurs voyages, leur amour pour le design et la préservation de l’artisanat. Le duo entend faire de Suki Paris « une marque de slow fashion répondant à une consommation raisonnée grâce à des produits intemporels et durables ».

Valorisation des matières

Les sacs aux lignes minimalistes signés Suki Paris sont en cuir grainé de vachette, veau et agneau à tannage végétal. Fidèle à sa démarche éthique, Amandine Simon s’approvisionne local : les cuirs premium proviennent de la maison parisienne Dominique Chadefaux, spécialisée dans le tannage végétal, et de Poulain Peausserie. Sac seau, cabas, sac cavalière, mini cartable, pochette, les modèles aux accents 70’s sont proposés dans des coloris classiques (noir et camel) twistés de détails : tressage, franges, losanges grainés, empiècement de peau imprimée… « Cette touche ornementale permet d’intégrer l’artisanat d’art auquel je suis attachée », explique la créatrice dont la marque est valorisée par les Ateliers d’Art de France. Consciente de l’impact de l’industrie de la mode sur l’environnement, les chutes de cuir sont upcyclées pour le tressage. « Je privilégie les petits formats pour un usage urbain afin de voyager léger. Cela nécessite de n’emmener que l’essentiel et ce n’est pas chose aisée pour une femme ! » Amandine Simon permet à ses clientes de personnaliser leur accessoire sur la base de sa collection : choix du coloris, changement d’une chaîne plaquée or pour une lanière en cuir… Ses modèles sont commercialisés entre 175 et 575 euros, prix boutiques conseillés. Quelques ceintures complètent la collection de sacs.

Un engagement social

Au-delà de sa démarche environnementale et locale, la jeune femme met un point d’honneur à transmettre son savoir-faire et ses techniques, comme l’ont fait pour elle les artisans boliviens. Elle a installé son atelier en région parisienne, en bord de Seine, où elle fabrique des pièces pérennes en petite série. Sa fibre d’enseignante est encore bien présente puisqu’elle accueille régulièrement des stagiaires et des Compagnons du Devoir à qui elle transmet son approche de la matière. Engagée, Amandine Simon collabore aussi avec La Fabrique Nomade en faveur de l’insertion professionnelle d’artisans maroquiniers réfugiés.

Une distribution en plein développement

Outre son e-shop, la marque est diffusée dans une dizaine de concept-stores et boutiques multimarques d’accessoires, chez Arlette, Jadh ou encore Les Passantes à Paris, Macaplace à Nantes, Apache à Bordeaux, Rainbow Come and See à La Baule, Bonnie & Jane à Bruxelles, BDJ à Séville … Et au travers de pop-up comme chez Empreintes, le concept-store des métiers d’art dans le quartier du Marais à Paris. Sa participation à Who’s Next au sein d’Impact, événement dédié à la mode responsable et Premiere Classe à la rentrée 2019 lui a permis de nouer des contacts commerciaux en cours de concrétisation notamment au Japon. Prochains rendez-vous sur ces salons professionnels en janvier et mars 2020.

Rédaction Laëtitia Blin

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