L’industrie italienne de la chaussure repart du bon pied

Siro Badon Assocalzaturifi chaussures italie
Siro Badon, Président d’Assocalzaturifici, l’association italienne des fabricants de chaussures, fait part de son optimisme face à la reprise d’activité mais prévient qu’il faudra du temps pour retrouver les niveaux d’avant-Covid.

Durement impactés par l’épidémie de Covid-19, les fabricants italiens de chaussures renouent avec la croissance. Siro Badon, Président d’Assocalzaturifici, l’association italienne des industriels de la chaussure, fait le point sur la reprise d’activité de la filière et les enjeux majeurs auxquels elle est confrontée.

Quel bilan dressez-vous après dix-huit mois de crise sanitaire et économique ?

Les signes de ralentissement de la pandémie associés au rythme de la campagne de vaccination, notamment en Italie, incitent à l’optimisme. Mais même si la tendance du premier semestre 2021 est positive, il faudra du temps pour revenir aux niveaux de 2019 – qui n’étaient d’ailleurs pas si bons que cela -. Quelques indicateurs clés et les augmentations à deux chiffres par rapport à l’année précédente sont révélateurs d’un sursaut du marché. Ce qui est logique après plusieurs périodes de confinements en 2020 : +13% pour la production industrielle, +17,4% pour les dépenses des ménages italiens et +31,5% pour les exportations en valeur. L’export a toujours été le moteur du secteur, porté par les performances des marques de luxe, avec plus de 85% de la production nationale destinés aux marchés internationaux. Plus de 81,8 millions de paires de chaussures ont été exportées et le seuil des 4 milliards d’euros a été à nouveau dépassé. Les tendances sur les marchés étrangers sont positives comparées à janvier-mai 2020, à l’exception du Japon et du Royaume-Uni. Le marché connaît une forte dynamique en France (+35% en valeur par rapport à 2020) et en Allemagne (+22%), qui ont toujours été de loin les plus importants marchés étrangers en volume. Nous enregistrons des augmentations significatives des flux vers la Pologne et la Suisse et de bonnes performances en Chine et aux États-Unis. Sur le marché italien, les dépenses des ménages se rapprochent des niveaux de 2019. Néanmoins, malgré l’amorce d’une reprise, la situation actuelle reste pleine de difficultés et d’incertitudes.

Chaussure couture fabrication Italie
La formation est l’une des clés pour perpétuer le savoir-faire manufacturier italien, reconnu mondialement.

Comment Assocalzaturifici accompagne ses membres pendant cette période inédite ?

Assocalzaturifici a toujours soutenu les intérêts des entreprises nationales en Italie et à travers le monde. Le secteur de la chaussure, qui emploie 77 000 personnes, réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 14 milliards d’euros et exporte 85% de sa production. Ces derniers mois l’association a notamment accompagné ses plus de 500 membres sur la digitalisation et la formation. Nous organisons également le salon international de la chaussure MICAM Milano, lieu d’opportunités business. La première édition physique depuis un an, qui vient de s’achever, a rencontré un franc succès et dépassé les prévisions les plus optimistes, avec plus de 22 000 visiteurs et ce, dans un bon climat d’affaires. Par ailleurs l’innovation est au coeur de notre modèle. Dans cette optique le programme Micam Start-Up Boot Camp, actuellement en développement, accompagnera chaque année deux jeunes pousses innovantes de l’industrie de la chaussure qui associent technologie et savoir-faire. Et ce, dans le but de perpétuer notre industrie spécifique. Le développement durable est aussi un axe de travail prioritaire. Assocalzaturifici a élaboré son propre outil de certification dédié à l’éco-responsabilité, VCS (Verified & Certified Steps). Ce label pourra être accordé aux entreprises répondant au cahier des charges en cours d’élaboration afin de reconnaître leurs atouts et renforcer leur compétitivité sur les marchés italien et international.

À quels défis majeurs l’industrie italienne de la chaussure est-elle confrontée aujourd’hui ?

Les plus grands enjeux de notre secteur portent sur la durabilité, la formation, la recherche et l’innovation. Si nous progressons dans ces domaines, je suis convaincu que nous réussirons à nouveau sur les marchés nationaux et internationaux. Reconnaissance mondiale du savoir-faire manufacturier, le prestigieux label Made in Italy est d’une importance cruciale pour notre économie, synonyme de qualité, style, créativité et matières nobles. Ce quelque chose en plus pour lequel les clients du monde entier sont prêts à payer un supplément. Il représente des atouts qui rendent nos créations uniques et apportent de la valeur au pays. Afin d’analyser les forces et faiblesses de nos entreprises, une étude est actuellement menée par l’Université Ca’ Foscari de Venise, en partenariat avec l’agence de communication M&C Saatchi, afin de les aider à se positionner et ainsi mieux affronter l’avenir.

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Rédaction Laëtitia Blin

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