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Chaque année l’Observatoire Économique de l’Alliance France Cuir publie les données consolidées relatives au commerce extérieur pour la Filière Française du Cuir. Décryptage des chiffres du commerce mondial liés à la filière et des principaux enjeux associés.
Si l’année 2025 a été marquée par des tensions logistiques, un ralentissement du commerce mondial et des marchés moins dynamiques, la Filière Française du Cuir confirme sa solidité structurelle en clôturant l’année avec un excédent commercial de 4,9 milliards d’euros, l’un des plus élevés de son histoire. « Malgré un environnement international complexe, la Filière Française du Cuir démontre sa capacité d’adaptation et sa solidité. Elle s’appuie sur une montée en gamme continue, une diversification accélérée des approvisionnements et une réorganisation stratégique des flux internationaux. Cependant, les premiers signaux pour l’année 2026 montrent un ralentissement plus important », souligne Marc Brunel, Directeur Général de l’Alliance France Cuir.
La demande internationale demeure solide, portée par la maroquinerie (12,5 milliards d’euros d’exportations – 67% des ventes françaises à l’international) et l’attractivité du luxe français dans un marché mondial pourtant plus morose. « L’attractivité internationale de la filière ne se dément pas et la réorganisation des circuits logistiques en Asie renforce par ailleurs la compétitivité des maisons françaises, qui gagnent en rapidité et en maîtrise de leurs flux », analyse Philippe Gilbert, Directeur de l’Observatoire Économique.
En 2025, la filière enregistre 18,6 milliards d’euros d’exportations, en recul de 3% après des années de tendance haussière, confirmant la France au 4ᵉ rang mondial des exportateurs (6,1% du marché). Néanmoins le niveau reste historiquement élevé : les exportations ont en effet doublé depuis 2015 et progressé de 41% depuis 2019. « Cette légère décroissance à l’export s’explique principalement par un ralentissement de la demande en Chine (-4%) et aux États-Unis (-5%), deux pays qui représentent, à eux seuls, plus du quart des exportations françaises », explique Philippe Gilbert.
En 2025, ce sont les exportations de produits finis qui ont pâti de cette situation : les exportations de chaussures ont reculé de -2% par rapport à 2024 (5,3 milliards d’euros) et celles de maroquinerie de -4% (12,5 milliards d’euros). La ganterie (+3%) et les vêtements en cuir (+2%) sont, eux, en progression à l’export. L’amont de la filière a vu ses exportations s’atténuer légèrement : -3% pour les cuirs et peaux bruts et -2% pour la tannerie-mégisserie.
L’Asie demeure le premier débouché de la filière (43% des exportations), mais les ventes y marquent un repli de 7% (8 milliards d’euros), notamment avec la baisse des exportations vers Singapour (-25%), le Japon (-10%), la Corée du Sud et Hong Kong (-5%). « Cette diminution est à relativiser après plusieurs années de croissance exceptionnelle : entre 2019 et 2025, les exportations françaises vers l’Asie ont progressé de 77% », explique Philippe Gilbert. Dans cette zone géographique, les flux se recomposent profondément. Les groupes de luxe réorganisent leurs chaînes logistiques : les flux transitent moins par Hong Kong et Singapour, au profit d’exportations directes vers les marchés finaux, désormais privilégiées pour gagner en rapidité, contrôle et proximité client.
La Chine demeure le principal partenaire asiatique, concentrant 14% des exportations françaises. Les exportations françaises de chaussures progressent fortement en volume (+35%) mais avec des prix moyens en baisse (-28%), signe d’un repositionnement vers des gammes plus accessibles. À l’inverse, le segment des sacs à main évolue dans une logique de montée en gamme : les volumes reculent de 8%, mais les prix moyens augmentent de 4%, traduisant une demande plus sélective et orientée vers des produits premium.
Quant au Japon – 4e client de la France avec 8% des exportations françaises -, la situation se normalise : après un pic spectaculaire en 2024 (+237% faisant passer l’export à 1,6 milliard d’euros), les exportations ont reculé de 10% pour atteindre 1,5 milliard d’euros, sous l’effet d’un Yen plus fort et d’un ajustement logistique.
Deuxième client de la France (12% des exportations), les États‑Unis enregistrent un recul de 5% des achats de produits français de la filière. La France exporte principalement des produits finis, en particulier de la maroquinerie (1,7 milliard d’euros) et des chaussures (0,5 milliard d’euros). Ce ralentissement s’explique par un dollar affaibli, un climat économique moins porteur et une prudence accrue des consommateurs de luxe. Malgré cela, les échanges restent largement excédentaires : +2,2 milliards d’euros, confirmant l’importance stratégique de ce marché pour la filière.
A contrario, les exportations françaises sur le continent européen, elles, progressent légèrement (+1%) atteignant 7,7 milliards d’euros. Le continent représente 42% des ventes françaises avec des flux relativement stables vers l’Italie et le Royaume-Uni tandis qu’en Allemagne et en Espagne, ils progressent respectivement de +1% et +2%. « Dans un contexte géopolitique instable, la stabilité des exportations européennes est un signal de confiance », constate Marc Brunel.
Les importations se maintiennent à 13,7 milliards d’euros, plaçant la France au 3e rang mondial avec 6% du marché. Mais leur géographie évolue.
La montée en puissance de l’Asie du Sud-Est s’explique par une diversification des chaînes de production vers des pays plus compétitifs que la Chine. Cette réorganisation, sans pour autant remettre en cause le rôle central de la Chine (2e fournisseur de la France – 21% des importations françaises à 2,9 milliards d’euros), révèle une adaptation des entreprises aux nouvelles contraintes économiques, géopolitiques et logistiques.
Pour la première fois, le Vietnam devient le premier fournisseur de chaussures de la France (en valeur), devant l’Italie et la Chine. Cette bascule historique s’explique par des coûts de production compétitifs, des capacités industrielles massives et des accords commerciaux particulièrement favorables qui renforcent son rôle dans les chaînes de valeur internationales.
Les deux principaux fournisseurs européens de la France – l’Italie et l’Espagne -, enregistrent une baisse de leurs exportations vers l’Hexagone : -5% pour les transalpins qui représentent 26% des importations françaises (3,6 milliards d’euros) et -14% pour les Espagnols, 4ème fournisseur de notre pays.
L’import en tannerie-mégisserie affiche une légère hausse de 3% à 535,3 millions d’euros (contre -4% en 2024), la France étant le 5e importateur mondial avec 4,5% du marché à l’import. Les cuirs et peaux bruts voient, eux, leurs achats reculer de 7% (contre une hausse de 18% l’année précédente), à plus de 138 millions d’euros, se classant 3e importateur mondial avec 7,5% du marché à l’import. « La stabilité des importations confirme qu’une phase de normalisation s’est engagée après la très forte croissance post‑Covid », conclut Philippe Gilbert.
Cette nouvelle édition de la brochure du commerce extérieur est disponible en téléchargement sur le site de l’Alliance France Cuir.
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Rédaction Laëtitia Blin
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