Les arcades du Palais-Royal et la galerie Véro-Dodat sont des havres de paix plein de charme au centre de la capitale. Chausseurs, gantiers, maroquiniers s’y sont installés pour offrir à leurs luxueuses créations artisanales un décor hors normes. Itinéraire choisi parmi neuf vitrines de caractère…
Le quartier du Louvre, toujours très touristique, a constitué le cœur des lieux de pouvoir concentrant finance, culture, plaisirs. Le Conseil d’État et le ministère de la Culture n’ont pas quitté l’écrin du Palais-Royal, ce paisible jardin qui fut l’un des plus animés de Paris à la veille de la Révolution. Quatre galeries l’encadrèrent dès 1780 et les colonnes de Buren vinrent souligner encore sa géométrie parfaite. À deux pas, la galerie Véro-Dodat est un autre joyau parisien préservé. Elle doit son nom à deux charcutiers investisseurs qui ont l’idée en 1826 de créer un raccourci entre les Halles et le Palais-Royal. Ce passage est l’un des premiers à avoir été éclairé au gaz. Son décor néo-classique a été restauré à l’identique : colonnes ioniques encadrant chaque commerce, ornements en fonte et cuivre, miroirs, globes de lumière, verrière et plafond peint au-dessus d’un spectaculaire sol de marbre optique… Comme dans les autres galeries et passages couverts parisiens, il faisait bon se promener le long des commerces, à l’abri des intempéries alors que les trottoirs n’existaient pas encore. De vrais « aquariums humains », selon le poète Aragon. Aujourd’hui, la foule n’est plus si nombreuse à s’y presser mais une clientèle en quête de qualité et d’exclusivité ne manquerait pour rien au monde ces adresses poétiques et ce « petit supplément d’âme » cher à quelques artisans du luxe.