Des hybridations
Chirurgie, manipulation, bizarreries, transformation, mutations, c’était d’ailleurs le mot d’ordre de la dernière édition du salon. « C’est une saison de forte polarisation, ou dans un même temps vont se côtoyer deux axes a priori opposés : d’un côté la naturalité, l’authentique et de l’autre l’expérimental, l’exagéré », explique Carine Montarras, Chef Produit Mode Cuir Première Vision. Ainsi au côté des classiques immuables, des propositions à la créativité exacerbée sont dévoilées, inventées par les tanneurs : des géométries étranges embossées sur agneau (Tannerie Lauret), des reptiles ou des chèvres travaillés avec des irisations, des opalisations étranges, des reflets changeants, saupoudrages de cuivre ou de doré et qui répondent aux reflets et brillances des soieries et fils de lurex des collections des tisseurs (Zuma Pelli Pregiate, Rufo Coli Tessuti, Relma Guyard & Chesneau). Un esprit « créatures » avec des embossés, des tressages cuirs et reliefs qui inventent comme de nouvelles chimères (Dias Ruivo, David Leather Expressions), et aussi des découpes laser façon sirène (Eustaquio Canto Canto). Étrangeté encore, avec des irrégularités façon « proliférations bactériologiques » sur les peaux, comme des manipulations génétiques pour des effets d’érosions soft, de pollinisation de la matière (Olivier Raynaud, Quadrifoglio). Le travail de la perforation sur cuir qui se renouvelle aussi et gagne en précision et finesse, avec la collaboration suscitée et mise en avant par Première Vision cette saison, de Delta Neo et du studio de design textile En petit Comité.