Pitti Uomo
reflet des mutations du marché

PITTI IMMAGINE UOMO
La 95ème édition de Pitti Immagine Uomo, organisée à Florence du 8 au 11 janvier, n’était pas la plus fréquentée de toutes, sans grande surprise, sur fond de baisse du nombre de visiteurs italiens.

Le salon de la mode masculine italien vient de clôturer une édition plutôt calme, sur fond de baisse du nombre de visiteurs italiens, bien que le nombre d’acheteurs étrangers soit resté stable. Côté style, les sacs et chaussures s’orientent vers le casual et la sneaker se fait prédominante. Néanmoins, des opportunités se dessinent pour un produit certes casual mais revisité de codes plus formels.

Recul du vistorat italien

La 95ème édition de Pitti Immagine Uomo, organisée à Florence du 8 au 11 janvier, n’était pas la plus fréquentée de toutes, sans grande surprise. Une saison commerciale défavorable vient de s’achever, impactée par un climat particulièrement doux. Les consommateurs n’ont pas fait autant d’achats que de coutume, au cours des mois clés de septembre et octobre, lorsque les nouveautés arrivent dans les magasins et que les prix ne sont pas remisés.

Des tensions commerciales à l’international ont également contribué à ce scénario morose. Par conséquent, la fréquentation durant les quatre jours du salon a diminué, avec un total de 36 000 visiteurs, dont 24 000 acheteurs et 12 000 incluant la presse et d’autres catégories de professionnels. Cependant, ce recul concerne exclusivement le visitorat italien, le nombre de visiteurs étrangers se maintenant stable, résultante, de l’augmentation des ventes en ligne et de la réduction générale des dépenses des italiens en habillement et accessoires.

PITTI IMMAGINE UOMO sneakers
Le sourcing se concentre sur les collections informelles, et les souliers à semelles en cuir sont presque considérés comme un objet du passé. Place au confort, pour toutes les lignes, bien au-delà des sneakers.

Le grand export, nouvel eldorado des marques ?

Pour compenser la baisse de revenus générée par le marché européen, les fabricants présents à Pitti se tournent vers le grand export, notamment l’Asie. S’agissant du segment des chaussures, qui prend de l’ampleur dans un salon auparavant uniquement consacré aux vêtements, les évolutions de style sont particulièrement marquées. Le sourcing se concentre sur les collections informelles, et les souliers à semelles en cuir sont presque considérés comme un objet du passé. Place au confort, pour toutes les lignes, bien au-delà des sneakers. « Au niveau du produit, le changement est clair et net. La chaussure classique et traditionnelle est en chute libre, ce qui favorise les fabricants asiatiques et américains, au regard des européens » explique Paolo Manuzzi, Directeur Général chez Vibram, entreprise spécialisée dans les semelles en caoutchouc. « Néanmoins, notre croissance se poursuit en Europe, car beaucoup d’entreprises qui avaient délocalisé la production en Asie sont de retour. La production européenne est plus soignée, garantit des livraisons rapides et un produit de meilleure qualité. »

La fin de la suprématie de la sneaker ?

Selon Diego Rossetti, propriétaire de Fratelli Rossetti, « la sneaker est partiellement remise en question en faveur de la production d’un article casual empruntant les codes de la chaussure formelle. En ce moment, les difficultés du marché ne sont pas une question de style, mais de distribution, car nos clients sont perturbés par tous les changements en cours. Leur problématique consiste à intégrer l’Online à leurs boutiques, qui ne répond pas aux habitudes de consommation traditionnelles d’un achat par saison. »

En tout état de cause, ce qui s’apparente à une crise pour les uns constitue une opportunité pour d’autres. « Nous sommes en plein développement avec Tumi, dans le commerce de détail ainsi que dans le wholesale, » explique Arne Borry, Président de Samsonite Europe, présent à Pitti avec la marque du groupe Tumi.  « Et puisque dans le secteur du bagage certains acteurs avaient abandonné le wholesale, nous avons la possibilité de croître encore davantage. »

Claudio Orciani, dirigeant de l’entreprise de maroquinerie Orciani y voit également une opportunité. « Notre client recherche un produit qui offre un bon rapport qualité-prix, avec un juste dosage de fantaisie mais sans excès, et qui est déstructuré. Pour répondre à cette attente, nous devons avoir les capacités de le faire, et nous sommes reconnus sur le marché en tant que producteurs de maroquinerie souple. » À suivre lors de la prochaine édition du 11 au 14 juin.

 

Rédaction Andrea Guolo

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