Paon-Paon à grands pas

Paon-Paon fait honneur aux peausseries sensuelles. Mocassin Roméo en Cavallino, un cuir de veau façon poulain tanné en Italie. 575€ prix boutique conseillé.

Une nouvelle marque française de souliers de luxe féminins est née. Portée par le CEO Emmanuel Gavache et Aurélie Introzzi, à la direction artistique, Paon-Paon s’implante dans la capitale. La boutique située Rive Gauche dévoile les premiers modèles qui ne manquent pas de caractère.

Paon-Paon affirme la féminité de la couleur or. Sling back Stella en cuir laminé. 595€ prix boutique conseillé.

Un duo fondateur

Le drôle de nom intrigue mais Aurélie Introzzi l’explique aisément. « Paon-Paon fait référence à l’oiseau au plumage splendide et plus largement à la nature qui m’inspire, dit-elle. Je puise dans le vivant, le mouvement, quand je crée. » La chaussure est son domaine de prédilection même si elle l’a approchée en autodidacte après avoir suivi une formation aux Beaux-arts. « J’ai tout appris auprès des artisans spécialisés en Italie », précise-t-elle. C’est à leur contact qu’elle s’est illustrée dans le secteur, une décennie entière. « La chaussure apporte à la silhouette élégance, allure, stature », ajoute-elle. Emmanuel Gavache partage son attirance pour l’accessoire de mode. « Adolescent, j’ai patiemment économisé pour pouvoir m’offrir une paire colorée de souliers Berluti ! », confie-t-il. Le Niçois a pourtant fait ses armes dans l’automobile et l’objet connecté. Ingénieur, dirigeant, conseilleur stratégique, il se définit surtout comme « entrepreneur et passionné ». La rencontre avec Aurélie Introzzi l’a convaincu de soutenir son projet et de mettre sa solide expertise au service d’une marque hexagonale à bâtir et à faire grandir. Le directeur général affiche son ambition : faire de Paon-Paon « une maison à part entière et une référence sur la scène du luxe français ».

Masculin féminin, l’atemporel richelieu Charlie se décline en camel, rose, noir ou laminé or. 645€ prix boutique conseillé.

Atemporels twistés

Roméo, Louise, Charlie, Joséphine, Mina, Marylin… Autant de prénoms qui baptisent la collection inaugurale Paon-Paon. Le confort mais aussi un savant mélange de tradition et de modernité ont guidé la créatrice dans ses premières réalisations. Aurélie Introzzi a soigneusement introduit les principales typologies de la chaussure féminine : escarpin, sandale, mule, bottine, mocassin, richelieu. Aucune typologie ne manque même si la collection est resserrée. Les lignes cultivent l’épure et les talons déclinent leur hauteur variable entre 4 et 10 cm. « L’artisanat de luxe couplé à une certaine audace définit bien Paon-Paon, souligne-t-elle. Nous ne voulons pas faire de compromis ni sur la qualité ni sur nos valeurs. Les modèles les plus masculins reflètent une inspiration « dandy », dont j’aime l’élégance. Nos atemporels ont vocation à être réinterprétés au fil des saisons. L’ornementation va nous permettre de personnaliser les différents modèles. » Cuirs et finitions jouent d’ores et déjà un rôle distinctif. Ils produisent une « modernité sensuelle », comme en témoignent le cuir laminé or et le veau velours ou façon poulain. « Je suis très sensible à la couleur, au solaire, précise la directrice de création. Le doré est lui aussi un atemporel. J’aime créer des accessoires qui produisent une énergie positive. » L’esprit parisien et le savoir-faire italien font pleinement partie de l’identité de la jeune marque. « Paon-Paon revendique un sourcing complètement local, ajoute Emmanuel Gavache. Nous nous sommes naturellement tournés vers la Lombardie, qui est un territoire d’excellence pour notre secteur. Le cuir de veau pleine fleur est tanné entre Venise et Padoue. Le Grand Milan nous permet de nous fournir en semelles, en talons et d’assurer la production artisanale dans un atelier de renom à Parabiago. »

À peine lancée, la marque française de chaussures a ouvert sa première boutique parisienne, un écrin raffiné situé Rive Gauche.

Le choix d’une diffusion maîtrisée

Paon-Paon s’est discrètement lancé en ligne et a testé quelques modèles dans un hôtel parisien. Les débuts ont été suffisamment prometteurs pour que le Printemps New York offre un tremplin au label parisien dans le décor dédié de sa Red Room dès 2025. « Cette implantation s’inscrit parfaitement dans notre développement, affirme le directeur général de la marque. Je suis convaincu qu’il existe un marché new yorkais pour le luxe français. Miami, Sao Paulo mais aussi l’Asie – entre Séoul, Shanghai et Tokyo – sont également porteurs. Je souhaite que Paon-Paon développe simultanément un ADN de marque et un wholesale sélectif. Une distribution restreinte est plus porteuse sur le moyen-long terme. » Paris demeure pour autant la ville de référence. « Notre première boutique est stratégique, poursuit Emmanuel Gavache. Nous l’avons ouverte début 2026 pour ancrer l’univers Paon-Paon. La proximité avec le boulevard Saint-Germain et Le Bon Marché Rive Gauche nous assure de rencontrer une clientèle locale et internationale à la fois. » Dès le seuil, la poignée de porte – sculptée en laiton doré par un artisan dinandier – inscrit la marque dans l’excellence artisanale. Si le made in Italy marque sa naissance sur le marché de la chaussure, Emmanuel Gavache ne s’interdit pas de produire par la suite en France. Il projette en effet d’enrichir les lignes avec d’autres accessoires, associant luxe discret et sophistication. La designer Lola Mossino – révélée par le Prix Hermès des accessoires de mode au Festival de Hyères en 2022 – a ainsi intégré l’équipe créative dirigée par Aurélie Introzzi. « Paon-Paon veut être une marque dynamique, une entreprise agile, à l’éthique raisonnée, complète le dirigeant. Elle est en phase avec les attentes des nouvelles générations. »

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Rédaction Nadine Guérin

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