Maison EVI, la sneaker qui prend son temps
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En février dernier, Maje célébrait son engagement pour une mode durable en inaugurant « Le Cercle de Maje ». Cette initiative originale réunissait acteurs du secteur, artisans et leaders d’opinion pour explorer, pendant deux journées, les enjeux de la création, de la réparation, de la circularité et de la traçabilité, en partenariat avec Nativa™ et le média Semaine.
Une vision globale de l’écoresponsabilité illustrée par une série photo et un court-métrage, réalisés par Juana Wein, documentant le travail de La Rosada, une exploitation uruguayenne pionnière de l’agriculture régénérative. En misant sur ces pratiques, Maje redéfinit ses standards de sourcing responsable, dépassant des objectifs de réduction d’impact en visant la restauration active des écosystèmes locaux. L’occasion de décrypter la stratégie RSE de la marque avec Jean Loez, son Directeur de la Production.
La stratégie RSE de Maje, baptisée « Dream Tomorrow » s’ancre dans une approche holistique s’appuyant sur trois piliers indissociables – Products, Planet et People –, plaçant sa responsabilité environnementale au cœur d’une synergie entre la production et l’humain.
Sur le volet Products, l’accélération est sensible. Pour les collections 2025, 74% des matières utilisées en prêt-à-porter et cuir sont déjà certifiées. Par ailleurs, 79% de la production utilise du coton biologique ou recyclé et 84% de laine certifiée Responsible Wool Standard (RWS) qui certifie la production responsable, de l’élevage au produit final, ou recyclée. L’objectif, à l’horizon 2030, est d’atteindre 100% de matières certifiées ou responsables, à l’impact environnemental moindre.
Le pilier People ancre la marque dans une responsabilité sociale exigeante. Aujourd’hui, 100 % des produits sont fabriqués dans des sites audités par des tiers indépendants, et la fidélité est au cœur du modèle, puisque 60% du volume d’affaires est réalisé avec des partenaires historiques de plus de dix ans. En interne, 85% des collaborateurs estiment évoluer dans un environnement favorisant respect, inclusion et équité, et 65% des responsables boutiques sont issus de la promotion interne.
Sur l’axe Planet, la trajectoire carbone de la marque s’inscrit pleinement dans la stratégie climat du groupe SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot) auquel elle appartient. Les objectifs de réduction à 2030 et 2050 ont été validés par la Science Based Targets initiative (SBTi). Créé en 2015 par des institutions de référence tels que le WWF, l’ONU, le World Ressource Institute (WRI) et le Carbon Disclosure Project (CDP), le SBTi certifie que les trajectoires de réduction de CO₂ des entreprises sont alignées avec l’Accord de Paris. Pour le groupe SMCP, cela implique de piloter des objectifs à court terme (5 à 10 ans) et à long terme visant la neutralité carbone à horizon 2050. Cette démarche associe rigueur scientifique et exigence de transparence totale et conduit Maje à agir non seulement sur ses émissions directes, mais aussi sur l’impact de ses fournisseurs de matières premières.
Maje a fait de la matière un des leviers centraux de sa stratégie RSE. « La laine et le cuir concentrent des enjeux majeurs en matière d’empreinte environnementale, de bien-être animal et de traçabilité », confie Jean Loez, qui précise que les facteurs d’émissions de la laine vierge se situent autour de 99kg CO₂/kg de fibre selon les référentiels environnementaux de la marque.
Pour atteindre ses objectifs, Maje a fait le choix de cumuler les approches. Au-delà de l’exigence liée à la certification RWS pour la matière vierge, la marque développe l’utilisation de matières recyclées, dont 30% étaient présentes dans les collections en 2025. Surtout, elle s’engage dans la démarche transformatrice de l’agriculture régénérative avec Nativa™, faisant de la matière un véritable vecteur de transformation de la chaîne de valeur.
Le programme soutient les communautés agricoles locales dans l’adoption de pratiques régénératives. Ce partenariat vise à restaurer la vitalité des sols, protéger la biodiversité et optimiser le cycle de l’eau, transformant ainsi les exploitations en véritables puits de carbone naturels. Au-delà de l’aspect environnemental, il place le respect du vivant au centre de ses priorités, garantissant des conditions d’élevage conformes aux standards de protection animale les plus exigeants. Pour valider ces efforts, des audits réguliers mesurent l’évolution de la structure des sols et l’impact réel sur les écosystèmes. Cette rigueur scientifique est couplée à une traçabilité totale de la fibre, offrant une transparence absolue de la ferme jusqu’au produit fini.
« Avec cette approche « Ferme-to-Boutique », nous dépassons la seule logique de label pour intégrer des indicateurs de régénération des écosystèmes pouvant, à terme, être étudiés sur d’autres matières clés comme le coton », détaille le Directeur de la Production.
Pour mener à bien cette mission, Maje a stratégiquement choisi l’Uruguay, pour son mix énergétique majoritairement renouvelable et ses filières responsables structurées. Un choix qui permet à la marque d’accompagner aujourd’hui 10 exploitations pionnières du programme Nativa™, à l’image de la ferme La Rosada, mise en lumière lors du Cercle de Maje. L’objectif est clair et vise à accroître progressivement la part de laine régénérative dans les collections et à élargir les réseaux en fonction des besoins futurs.
Au-delà du travail de réduction d’impact sur les matières premières, la production et le transport, la marque s’investit pour l’allongement de la durée de vie des produits, tout en assurant une traçabilité optimale.
Maje s’est fixé des standards de traçabilité exigeants, portés par la complémentarité des certifications RWS et Nativa™. En garantissant un suivi rigoureux de la laine dès la ferme, ces labels assurent une granularité de la donnée qui transforme la matière première en un gage de conformité. Cette maîtrise de la chaîne d’approvisionnement permet à la marque de répondre précisément aux nouvelles obligations de la CSRD, en apportant la preuve vérifiable de l’impact environnemental et social de sa valeur ajoutée. Cette base de données solide constitue le socle indispensable sur lequel s’appuiera le futur Passeport Numérique Produit (DPP).
La marque a déployé en France un écosystème complet de services autour de la circularité, alliant réparation, location et seconde main. « Le neuf durable apporte qualité et traçabilité, tandis que la seconde main prolonge la durée de vie des produits et évite le gaspillage », précise Jean Loez.
Maje collabore ainsi avec Faume, expert en solutions technologiques et logistiques pour le marché de l’occasion. Un partenariat qui lui permet de gérer la reprise et la revente des pièces, évitant le gaspillage tout en maintenant la désirabilité de la marque.
Pour traiter les produits en fin de vie, Maje s’entoure de partenaires industriels spécialisés dans la transformation des déchets textiles. Ainsi Minot Recyclage Textile, acteur historique de l’effilochage, transforme les textiles usagés en de nouvelles fibres prêtes à être réutilisées dans l’industrie, garantissant une valorisation technique des matières premières. Autre partenaire, la plateforme de recyclage Revival se concentre sur la création de nouvelles filières, notamment pour les matières complexes. Elle assure que les composants qui ne peuvent être revendus en seconde main réintègrent un cycle de production, limitant l’extraction de ressources vierges.
De la restauration des sols uruguayens jusqu’à la fin de vie des produits, Maje s’engage vers une traçabilité totale et vérifiable. Une approche systémique qui montre que la désirabilité de la mode de demain, au-delà de sa force créative, repose désormais aussi sur sa capacité à soigner les écosystèmes tout en garantissant la transparence absolue de chaque fibre.
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Rédaction Hélène Borderie
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