Jaiio, le vide-dressing premium clé en main

Joy Ignaczak et Aurélie Baranes, fondatrices de la plateforme de revente premium et luxe Jaiio.

La plateforme française de revente premium et luxe Jaiio célèbre son cinquième anniversaire avec une activité en pleine expansion. Entretien avec sa cofondatrice, Aurélie Baranes.

Une ambition : démocratiser la seconde main

« Rendre la seconde main aussi désirable qu’accessible » : telle est la vision portée par Aurélie Baranes, qui a fondé Jaiio en 2020 avec son amie d’enfance Joy Ignaczak. Portées par une passion commune pour la mode et une volonté de transformer les modes de consommation, les deux entrepreneuses ont imaginé un service clé en main de revente de vêtements et accessoires premium.
Le principe : « simplifier au maximum la démarche des particuliers tout en favorisant une consommation plus responsable. Parce que revendre ses vêtements ne doit plus être une contrainte ». Aurélie, issue du marketing et de la communication, et Joy, experte du retail et de l’expérience client, ont imaginé une solution 360° : collecte à domicile sans frais, tri, contrôle qualité et authentification, shooting, mise en ligne sur 14 plateformes internationales de revente dans 80 pays, gestion des ventes et des expéditions, règlement. Jaiio prend en charge l’ensemble du processus.

Dans un contexte de forte croissance du marché – 64% des Français ont acheté d’occasion en 2024 selon l’ObSoCo et alors que le marché mondial de la seconde main textile pourrait doubler d’ici 2027 selon ThredUp Resale Report –, la jeune entreprise présente des performances solides. En cinq ans, plus de 100 000 pièces ont été vendues, 45 000 utilisatrices sont actives et plus d’un million d’euros ont été reversés aux déposantes.

Le site de revente Jaiio propose du prêt-à-porter, de la maroquinerie, des chaussures et des accessoires premium et luxe.

Le concept

Côté vendeurs, le modèle se veut simple : « Vous faites le tri, Jaiio s’occupe du reste ». Côté acheteurs, la promesse repose sur un accès à des pièces premium et de luxe à prix réduits, pouvant atteindre jusqu’à -80 % du prix neuf. À Paris et en région parisienne, l’enlèvement est assuré par coursier, pour un minimum de 150 euros à la revente ou cinq pièces ; en province et à l’étranger, il s’effectue à l’aide d’un bon prépayé (Mondial Relay, Chronopost …). L’entreprise a internalisé l’ensemble de ses opérations au sein de son siège parisien où une trentaine de collaborateurs gèrent stockage (plus de 20 000 pièces entreposées), contrôle qualité, production visuelle et logistique. Chaque article est authentifié, notamment grâce à des outils d’intelligence artificielle, tandis qu’un algorithme interne ajuste les prix en fonction de la demande, de l’historique des ventes et des tendances du marché. Les dépôts sont proposés sur une durée de neuf mois, avec la possibilité pour les clientes de récupérer leurs articles à l’issue de cette période ou d’en faire don à des associations. La plateforme se rémunère sur commission selon un tarif dégressif fonction de la valeur : de 50% de la vente jusqu’à 500 euros à 40% jusqu’à 1 000 euros et 30% au-delà de 1 000 euros.

Une offre sélective et évolutive

Actualisée quotidiennement, l’offre couvre le prêt-à-porter, les accessoires, la maroquinerie et la beauté (produits neufs exclusivement pour cette catégorie), avec une sélection allant de marques contemporaines (Isabel Marant, Sézane, Bash, Maje, Sandro…) à des maisons de luxe (Chanel, Dior, Celine…) aux côtés de « créateurs plus confidentiels qu’on adore repérer pour nos clientes ». Le positionnement exclut volontairement la fast fashion. Certaines pièces de luxe peuvent également être restaurées ou valorisées avant revente grâce à des partenaires spécialisés comme Galoche & Patin. L’expérience utilisateur, inspirée des standards du neuf, mise sur un service premium : livraison rapide, conseils personnalisés, possibilité de retour sous 14 jours… soit « l’expérience du neuf, le prix en moins », résume Aurélie Baranes.  Toutes les saisons sont proposées tout au long de l’année.

Depuis 2013, Jaiio dispose d’un stand aux Galeries Lafayette Haussmann qui accueille une nouvelle offre prêt-à-porter et maroquinerie de luxe.

Économie circulaire et engagement social

Et parce que la seconde main doit pouvoir être accessible au plus grand nombre, Jaiio soutient des associations partenaires (Croix Rouge, La Cravate solidaire, Le Secours populaire…) à qui elle redistribue chaque semaine des articles invendus. La start-up s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire et solidaire. Elle mène également des actions caritatives auprès d’étudiantes ou du Palais de la Femme. « Ce vestiaire solidaire vise à (re)donner confiance aux bénéficiaires et à valoriser l’estime de soi. La mode doit être un plaisir pour toutes et la mode de seconde main peut devenir un levier d’insertion sociale puissant », souligne le duo. Quant aux pièces en bon état qui présentent quelques imperfections, elles sont upcyclées par un teinturier français expérimenté, donnant naissance à des collections uniques à petits prix dont les ventes bénéficient à des causes solidaires.

Une stratégie omnicanale en expansion

Depuis sa création, Jaiio connaît une croissance continue, soutenue par deux levées de fonds. La plateforme accélère aujourd’hui son développement en diversifiant ses canaux de distribution : points de dépôt partenaires à Paris et région parisienne, lancement d’un réseau d’ambassadrices en région chez lesquelles les utilisatrices peuvent déposer leurs articles… Le déploiement physique s’intensifie également, avec une présence renforcée aux Galeries Lafayette Haussmann sur un stand de 100 m2 qui accueille une nouvelle offre prêt-à-porter et maroquinerie de luxe, et l’ouverture d’un corner à Toulouse. En parallèle, Jaiio investit de nouveaux formats comme le live shopping, avec cinq rendez-vous hebdomadaires suivis par une communauté de plus de 5 000 followers engagés, transformant l’acte d’achat en expérience interactive. « Le retail est complémentaire du digital. Les clientes ont besoin de voir, toucher et essayer », souligne Aurélie Baranes. « Si aujourd’hui les clientes ont la possibilité de déposer leur vestiaire dans nos locaux ou au sein des deux points physiques aux Galeries Lafayette, nous imaginons d’autres corners, des pop-ups en région, des événements clients… Nous souhaitons aller à leur rencontre tout en préservant notre ADN. »  
Portée par cette dynamique, l’entreprise ambitionne désormais de s’imposer comme un acteur de référence de la seconde main premium en France, puis à l’échelle européenne. À l’heure où les pratiques de consommation évoluent, Jaiio entend bien faire de la seconde main un réflexe – et un plaisir durable.

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Rédaction Laëtitia Blin

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