Maison&Objet :
cuir so français !

Bracelet Jet en cuir de veau orné de boutons cartouchières
Bracelet Jet en cuir de veau orné de boutons cartouchières, Atelier Clause, de 69 à 300€ prix boutique conseillé - Photo © Bernard Vainchtein.

L’excellence hexagonale et le made in France ont fait l’événement lors de la première édition 2019 du salon Maison&Objet à Paris. Le cuir et la création font bon ménage. Les marques Gustave Maurice Paris, Atelier Clause, Burov et Neology célèbrent la qualité et l’atemporel en maroquinerie comme dans l’ameublement.

Retour aux sources pour le salon parisien de la décoration, du design de l’art de vivre en général. Vincent Grégoire – Directeur de Création et du pôle Art de Vivre chez Nelly Rodi – a placé les tendances 2019 sous le signe de l’exception « à la française ». Il a baptisé son forum d’Inspiration « Excuse my French ! ». Selon lui, « le luxe, le savoir-faire sont toujours associés à la France ». Un certain « sens du beau » tout hexagonal cohabite avec le « french paradox » ou l’ « effortless chic » de la Parisienne… « Les marques émergentes sont la réponse aux maisons patrimoniales. Elles s’enrichissent d’un nouveau régionalisme ». La preuve avec quatre marques qui relèvent le défi de produire sur le territoire. 

Sac Mana en cuir de vachette à tannage végétal doublé chèvre
Sac Mana en cuir de vachette à tannage végétal doublé chèvre. Gustave Maurice Paris, 1350€ prix boutique conseillé - Photo © Christophe Berlet.

Gustave Maurice Paris, faussement classique

Le marché de la maroquinerie se porte bien et éveille régulièrement des vocations. Les nouveaux venus ne suivent pas tous un cursus classique. Les salons professionnels, tel Maison&Objet, sont l’occasion de découvertes singulières. À l’image de Gustave Maurice Paris, qui participait à son premier salon « pour se faire connaître et rencontrer des acheteurs professionnels ». Sébastien Lepeu est l’un de ces nombreux profils atypiques qui renouvellent la tradition maroquinière. Après des études de commerce et des débuts professionnels dans l’audiovisuel, le besoin d’une activité manuelle a pris le pas. Un sellier maroquinier formé par un Compagnon du Devoir qui lui apprend les rudiments et l’encourage à ouvrir son propre atelier à Belleville. Le jeune artisan lance sa marque à laquelle il donne le prénom de ses grands pères. Son envie ? « Laisser s’exprimer la beauté sans artifice d’un matériau noble et vivant à travers une esthétique épurée ». S’il affectionne le cuir de collet – « le plus humble » -, il ne s’interdit ni des peausseries colorées ni le cuir d’autruche si visuel. Les volumes de ses sacs sont simples, ergonomiques, de formes ovale ou trapèze. La besace compacte, le sac à dos unisexe, le doctor’s bag féminisé, le 48h polyvalent – tous cousus à la main – sont d’une veine classique. Les créations relevant du registre décoratif sont plus inattendues. Son applique murale, gainée de cuir à tannage végétal sur une « âme » en acier cintré, séduit par son élégante sobriété. Sébastien Lepeu décline aussi des sculptures animalières expressives, prolongeant la commande d’échassiers élancés pour les vitrines d’une marque de luxe.

Applique Dorsale en cuir à tannage végétal et acier cintré. Gustave Maurice Paris, prix sur demande - Photo © Bernard Vainchtein.

Atelier Clause « made in Moselle »

Le tandem à l’origine d’Atelier Clause est aussi formé d’artisans reconvertis. Autodidactes même, car Jérémy Fagliaferri et Julien Fortunat se sont initiés à l‘apprentissage du cuir en lisant, en surfant sur le net…En 2014, ils ouvrent leur propre atelier showroom à Metz, où ils fabriquent à quatre mains les accessoires en cuir Atelier Clause. « C’est fun de fabriquer des accessoires en cuir, affirment-ils. On s’est équipé, on teste beaucoup, on apprend tout le temps… » Depuis les premiers bracelets, la collection s’est progressivement enrichie de ceintures, petite maroquinerie, sacs. « Notre style est atemporel, mixte le plus souvent, chic et rock’n roll à la fois », précise le duo. Les cuirs utilisés sont variés, certains proviennent de chûtes de peaux issues du luxe. «  On travaille beaucoup le python naturel, on aime le lézard pour son graphisme visuel, poursuivent-ils. Le cuir de veau vient des Tanneries Haas ». Quatre ans après sa naissance, Atelier Clause compte une dizaine de points de vente en France et défend le « made in Moselle » à Bruxelles, Milan, Houston…

Sac Atelier Clause en cuir de veau
Sac Atelier Clause en cuir de veau, de 350€ à 800€ pour le python, prix boutique conseillé - Photo © Bernard Vainchtein.

L’esthétique Burov

Le fabricant de sièges Burov a ouvert son atelier en 1948 dans le quartier historique de Paris dédié au meuble. Ebénistes et artisans spécialisés ont perpétué de génération en génération un savoir-faire unique et renommé dans les ateliers du faubourg Saint-Antoine et de la Bastille. En s’associant avec les architectes Geneviève Dangles et Christian Defrance, l’entreprise française a créé des sièges qui n’ont pas vieilli. La plupart datent des années 50-60. Leurs coques enveloppantes, leur rondeur empreinte de légèreté, leur confort ergonomique sont caractéristiques d’un style « vintage » très prisé au XXIème siècle. 44 Saturne, au dossier et à l’assise parfaitement circulaires, a été dessiné en 1957 pour le Salon des Arts Ménagers à Paris. Cette pièce phare est rééditée depuis 2015 et a même séduit Jean Paul Gaultier qui l’a rhabillée ! Elle n’est pas la seule. D’autres sièges à la ligne originale et à l’élégance moderne redynamisent la marque depuis son rachat par Leleu. Fauteuils et canapés sont produits dans l’usine de Candé, dans le Maine-et-Loire, qui « réunit tous les savoir-faire ». Les mousses sont moulées artisanalement pour s’adapter à chaque assise tandis que les cuirs pleine fleur, soigneusement sélectionnés, sont découpés et cousus à la main. Burov Leleu est labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant. Elle continue d’innover en éditant ses modèles emblématiques dans une version outdoor, en élargissant son répertoire et en serrant ses prix pour rester concurrentiel.

Swing, petit fauteuil en cuir de taurillon Remy Carriat
Swing, petit fauteuil en cuir de taurillon Remy Carriat, dessiné par Didier Versavel pour Neology, 1590€ prix boutique conseillé.

Neology, de l’ancien au moderne

Les origines de la manufacture remontent à 1973 dans un atelier de Corrèze. Les canapés traditionnels priment jusqu’à la fin des années 90, le fauteuil Club au confort rembourré est un « classique ». Au tournant des années 2000, Neology prend un nouveau départ, confiant la création de modèles contemporains à des designers de renom, tel Christophe Pillet. Les canapés Manhattan ou Negresco de Bernard Massot figurent parmi les best sellers. Les modèles dessinent des courbes épurées, les têtières relevables optimisent le confort, un credo pour la marque. La gamme de relaxation motorisée gagne du terrain. Le canapé Relax et le fauteuil Swing – un élégant fauteuil à la pureté géométrique – sont les derniers-nés conçus par le designer Didier Versavel. Chaque pièce est de facture artisanale, à la commande, dans l’atelier historique, qui sélectionne ses cuirs pleine fleur à la tannerie Rémy Carriat et la mégisserie Azaï, en particulier. En 2018, Neology a produit 2500 pièces. Le fabricant, diffusé dans une cinquantaine de points de vente dans l’hexagone, capitalise aujourd’hui sur l’habitat urbain et le sur mesure.

Yoga, canapé relax en cuir avec repose-pied intégré, Neology, à partir de 5290€ prix boutique conseillé.

Rédaction  Nadine Guérin

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