Laurent Nay, une affaire qui a de la reprise

Marianne Sansorgné et son fils Mathis Derangeon ont racheté la maroquinerie Laurent Nay fin 2024.

Après dix-sept années d’existence, la maroquinerie Laurent Nay a changé de mains début 2025. Son expertise en bagagerie automobile continue de combler les passionnés du monde entier.

Un démarrage sur les chapeaux de roues

Les passionnés d’automobiles ont souvent un faible pour le cuir. Ne serait-ce que par rapprochement avec l’aménagement de l’habitacle de leur véhicule. Alors lorsque Laurent Nay, chauffeur de maître dans la capitale, tombe sur un article sur une maroquinerie spécialisée en bagages automobiles dans une revue professionnelle, l’idée de bifurquer dans cette voie germe dans son esprit. Et, après une formation de technicien en bureau d’études en 1996, puis une expérience de dix ans comme gainier dans une société horlogère genevoise, il monte sa structure en 2007 dans le département de la Dordogne. Mais la cinquantaine passée, l’envie d’un changement de vie taraude l’entrepreneur et, en 2024, malgré le succès de son affaire, il décide d’arrêter cette activité pour réaliser le rêve d’une vie : faire le tour du monde en 4/4.

Ensemble de bagages pour Rolls Royce.

Passage de relai

De son côté, Marianne Sansorgné désirait quitter son métier de formatrice indépendante en maroquinerie pour CTC. « Je ressentais le besoin de retrouver le contact avec la matière et de retourner en atelier », confie cette titulaire d’un Bac Professionnel Vêtements sur mesure convertie à la maroquinerie lors de sa première expérience professionnelle de cinq ans en production chez Louis Vuitton. Après une formation à Cholet pour accroître ses compétences, l’artisane travaille cinq années comme technicienne prototypiste dans le bureau d’études de la maroquinerie Thomas à Semur-en-Auxois puis monte son atelier de création et fabrication de sacs à main sur mesure dans sa ville natale de Vichy. Mais l’indépendance comporte des aléas pas toujours compatibles avec la vie de famille et la formation s’avère une situation financièrement plus stable. Lorsque Laurent Nay lui propose en juillet 2024 de reprendre sa société, Marianne Sansorgné y voit cependant l’opportunité de revenir à la fabrication tout en partant d’un volant d’affaires rassurant avec une clientèle établie. « Je ne me voyais pas reprendre l’entreprise seule et je cherchais un associé, tempère-t-elle toutefois. Quand mon fils a découvert l’univers de la maroquinerie pour automobiles, il a immédiatement accroché et a décidé d’intégrer l’entreprise. Actuellement en dernière année d’école de commerce à Lyon, il fait son alternance comme responsable commercial au sein de l’entreprise deux jours par semaine ».

Partie pour une longue route

Relocalisée début 2025 dans le village de Broût-Vernet dans l’Allier, à proximité de Vichy, sans pour autant changer de nom, la maroquinerie Laurent Nay continue de fabriquer des bagages sur mesure assortis aux voitures classiques et de prestige de collectionneurs perfectionnistes. « J’ai suivi une formation en gainerie auprès de Laurent Nay pendant deux semaines dans son fief en Dordogne et une semaine ici à Broût-Vernet », précise Marianne Sansorgné à qui revient la responsabilité de la production. La marque répond aux commandes de bagages sur mesure mais elle propose également une collection de « prêt-à-voyager » qu’elle adapte aux dimensions et finitions souhaitées. « Nous aimerions développer l’offre de produits souples et de maroquinerie avec de la petite maroquinerie et même des sacs à main pour élargir la clientèle », poursuit la gérante. Actuellement, porte-étiquette, porte-cartes, porte-documents, porte-cravates, trousse à maquillage, ceintures et housse porte-habits complètent la gamme de bagages. Les prix s’échelonnent entre 40 euros pour le porte-cartes et 850 euros pour le porte-habits en passant par 300 euros pour le porte-documents et 480 euros pour le porte-cravates, tandis que valises et sacs de voyage oscillent entre 1 300 et 1 500 euros. Pour les bagages rigides, dont la structure en contreplaqué de peuplier est sous-traitée à un ébéniste local, un minimum de commande de deux unités est requis. Le reste de la fabrication est intégralement réalisé à l’atelier de Broût-Vernet, de l’esquisse du produit à l’assemblage final. Les cuirs utilisés sont en majorité des cuirs automobiles, à base de vachette rectifiée couverte d’un finissage provenant de tanneries spécialisées en Allemagne et en Angleterre. Et les doublures sont en tissu écossais. Diverses personnalisations sont possibles, comme le marquage à chaud des initiales, une broderie particulière, des couleurs spécifiques pour le cuir et le tartan de la doublure.

Valise rigide sur mesure pour Ferrari 250 GT Lusso.

Meilleure visibilité

La clientèle existante provient principalement du site internet et des réseaux sociaux et à 90% étrangère, essentiellement américaine, anglaise, allemande, néerlandaise et dubaïote. « Mais nous avons besoin d’augmenter la clientèle et le volume de commandes. L’année 2025 s’est bien passée, avec un carnet de commandes bien rempli. Mais c’est encore insuffisant pour en vivre correctement, compte tenu de charges importantes. C’est pourquoi nous avons participé cette année au salon Rétromobile à Paris fin janvier afin d’accroître notre visibilité. Les retombées sont déjà intéressantes », déclare la maroquinière également admiratrice de belles cylindrées. Nul doute que l’entreprise est entre de bonnes mains pour continuer sa route avec succès.

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Rédaction François Gaillard

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