Maison EVI, la sneaker qui prend son temps
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La marque Césaire, née il y a vingt ans, incarne une maroquinerie artisanale exigeante, 100% made in France. Pour la première fois, sa fondatrice Stéphanie Césaire donne forme à la couleur en s’associant au peintre Alain Joséphine, d’origine martiniquaise comme elle. Le cuir imprimé prolonge des fragments de peinture sur une petite série de sacs exclusifs.
La galerie Olivier Castaing débutait l’année en dévoilant à Paris les peintures d’Alain Joséphine, réunies à travers l’exposition « Musiques intérieures » : des toiles colorées, vibrantes, profondément habitées par la nature tropicale de son île natale. « Alain a le don de la couleur, précise Stéphanie Césaire, qui le connait depuis l’enfance. Il transforme la toile en une partition aux rythmes indomptés. Nous étions au lycée en classe d’arts plastiques en Martinique. Il s’est orienté vers les Beaux-arts et moi, la mode. On est même jumeaux de date ! On a gardé le contact au fil des années. Créer ensemble est venu naturellement. » Le projet d’une rencontre créative a pris forme rapidement avec le concours de La Maison Gaston, maison d’art créole. Et interpelle : que devient une peinture quand elle change de support, s’inscrit dans le volume, entre dans l’usage ? La collection « capsule », qui voit le jour, croise mode et arts visuels. Les six sacs de Stéphanie Césaire sont produits en un seul exemplaire… comme les œuvres peintes par Alain Joséphine. Une force plastique les caractérise.
La collaboration ne se réduit nullement à une simple illustration. « L’univers coloristique d’Alain est étroitement lié aux îles, à la mer …, poursuit la créatrice. J’ai sélectionné quatre toiles, zoomé sur une zone précise pour conserver l’échelle du fragment peint. Je voulais préserver les trainées colorées, les coups de pinceaux… Le cuir a ensuite été imprimé numériquement à Paris par C.A.C ». Le modèle Carambole a vite imposé sa forme oblongue au premier sac, libre évocation d’un fruit exotique d’outre-mer. Stéphanie Césaire le définit comme « un étui de cuir souple, un « body bag » nomade qui se porte en travers du corps ». Son anneau de métal sculpté à la main, ses plis cousus en corolle jusqu’à la cloche en cuir de veau sellier sont particulièrement distinctifs. Quatre harmonies, olive et orange, gold et rose, olive et rose, beige enfin, caractérisent le premier sac de la collection. Le second a pour nom Nô, en référence au théâtre japonais. « C’est un sac qui a du succès depuis sa création, explique Stéphanie Césaire. Pour le construire, je suis partie d’une pièce de cuir entière que j’ai découpée. C’est une très ancienne technique du travail du cuir. Elle traduit aussi la plus simple expression d’un geste artisanal. La découpe du cuir se déploie en un volume aérien. J’ai pensé à un filet à provisions mais aussi aux traits d’un visage, comme sur un masque, lorsque le sac est en mouvement. » Pour les besoins de la collection « capsule », seules les dimensions – plus généreuses – ont été modifiées. Le pochon intérieur, aux liens coulissants, est cette fois en soie peinte d’après tableau et doublé d’agneau, issu de peaux esseulées. Les deux exemplaires du Nô avec Alain Joséphine ont été réalisés en cuir de taurillon grainé, ciel et papaye.
Le dialogue tissé entre la maroquinerie et la peinture prend tout son sens chez Césaire. « Une collaboration est toujours un plaisir, souligne la créatrice. J’ai la chance d’exercer le métier qui me plaît. Quand j’ai une affinité avec un artiste, j’expose volontiers son travail ou je cherche un moyen de l’intégrer. » Ronan Masson peut en témoigner. Il a non seulement réalisé la sculpture autoportante monumentale, placée au centre de la boutique près de la Concorde, mais aussi l’anneau en inox brut du sac Carambole… La boutique showroom a ouvert ses portes peu de temps après la naissance de la marque en 2007. Elle est aujourd’hui la seule vitrine physique. Un choix stratégique mûrement réfléchi, comme l’explique Philippe Cabaup en duo avec Stéphanie Césaire. « Nous sommes toujours restés à notre échelle. Césaire est une petite maison de maroquinerie française portée par une créatrice issue des maisons de luxe. En vingt ans, nous aurions pu développer la production, ouvrir une seconde boutique, nous associer avec des investisseurs… Mais nous n’avons jamais cherché à nous industrialiser et le marketing ne nous régente pas. Notre force est de proposer des sacs créatifs, accessibles, fabriqués en France, en petites séries ou pièces uniques. Pour nous, l’expérience client est primordiale. Le design attire notre clientèle. Le logo n’est pas un critère d’achat pour elle. Le bouche-à-oreille fonctionne même au bout du monde ! » Stéphanie Césaire garde le cap d’une maroquinerie hexagonale, sans concession. C’est auprès de maisons comme Guy Laroche, Nina Ricci, Kenzo ou Chloé qu’elle a nourri sa solide culture de l’accessoire de luxe. Sa signature esthétique va bien au-delà des modes. Les sacs « couture » qu’elle dessine sont proches de l’objet, épurés et fonctionnels à la fois. Leur fabrication est une étape clé. « Nous collaborons désormais avec trois maroquinières indépendantes basées à Bry-sur-Marne, Angers et Lyon », précise Stéphanie Césaire. Les cuirs, eux, sont tannés dans le sud-ouest de la France et le nord de l’Italie. « J’aime les cuirs très peu couverts, poursuit-elle. Ils respectent le veiné naturel de la fleur et soulignent les volumes. Une grande majorité des cuirs provient de la tannerie Rémy Carriat. Sans elle, je n’aurais pu maintenir mon activité telle quelle. Je me suis adaptée, j’ai rebondi. L’exclusivité est notre atout. »
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Rédaction Nadine Guérin
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