Sophie Brenot, nouvelle Présidente de la Fédération des Détaillants Maroquinerie-Voyage

Sophie Brenot Présidente FNDMV
Détaillante maroquinière en région parisienne, Sophie Brenot a été élue Présidente de la Fédération Nationale des Détaillants en Maroquinerie et Voyage en septembre dernier.

Maroquinière à la tête de deux boutiques en région parisienne, Sophie Brenot a été élue Présidente de la Fédération Nationale des Détaillants en Maroquinerie et Voyage (FNDMV) en septembre dernier. Rencontre avec une professionnelle passionnée qui ne manque pas d’idées.

Quel a été votre parcours avant votre prise de fonction ?

Je suis détaillante en maroquinerie depuis plus de trente ans. J’ai poursuivi l’activité familiale puisque mon père dirigeait la boutique Peau d’Âne à Asnières-sur-Seine. Quelques années plus tard, j’ai ouvert un deuxième magasin dans la commune voisine de Colombes dans les Hauts-de-Seine. Engagée au niveau local, je suis membre des associations de commerçants de ces deux villes. Ces dernières années l’offre de mes points de vente, les seuls de chaque ville, a évolué : elle s’est étoffée, allant de marques haut de gamme à des labels émergents. J’apprécie travailler le sac à main et de plus en plus les accessoires de mode (ceintures, foulards, bijoux). Ce segment dynamise la boutique et permet des ventes complémentaires alors que la fréquentation est en baisse. De plus il contribue à faire évoluer la perception des consommateurs sur le commerce de maroquinerie attaché aux marques traditionnelles.

Racontez-nous votre expérience au sein de l’organisation qui regroupe les détaillants maroquiniers.

Adhérente depuis 2013, j’ai rencontré Patrice Véret, son président à l’époque, à l’occasion d’un voyage en Chine avec d’autres confrères. Même si nous sommes des commerçants indépendants, échanger avec des professionnels du même secteur d’activité sur les problématiques rencontrées, les interrogations… se révèle très enrichissant. J’ai alors intégré le Comité Directeur de la FNDMV, puis occupé le poste de Vice-Présidente avant mon élection en septembre 2020 pour un mandat de trois ans. Une fédération représente un véritable atout dans le quotidien d’un indépendant, d’autant plus dans une période compliquée.

Quels en sont les apports ?

La réunion de compétences individuelles va de pair avec l’intérêt de se rassembler. Outre la défense des intérêts de la profession et la promotion de la maroquinerie et des articles de voyage, la FNDMV propose à ses adhérents une palette de services juridiques, fiscaux, techniques… Depuis le début de la Covid-19, un important travail d’information est mené par Nathalie Guidé, notre Déléguée Administrative, afin de renseigner nos membres sur les différentes mesures gouvernementales (aides publiques, mesures sanitaires …). De quoi leur simplifier le travail ! La FNDMV fédère actuellement 10% des 1 800 maroquiniers français. Un important travail est à effectuer pour inciter les détaillants à nous rejoindre. Cela passe par le renforcement de notre visibilité mais également l’évolution de notre image. À cet effet nous avons lancé plusieurs actions et initié différents projets.

Justement sur quels « chantiers » travaillez-vous actuellement ? 

Depuis le début de l’épidémie, nous organisons des formations en visio-conférence sur l’utilisation des différents canaux de communication, et notamment les réseaux sociaux, accompagnés par les marques qui nous transmettent des outils marketing. Pour soutenir les maroquiniers, à l’occasion des fêtes fin d’année, nous avons mené une campagne grand public baptisée #JaimeMonMaroquinier, relayée à la fois par les marques et les détaillants sur Instagram et Facebook, ainsi que par nos partenaires comme le Conseil National du Cuir. Et les retombées ont été positives ! L’activité de décembre a été plutôt active malgré le contexte économique et sanitaire. Nous comptons renouveler ce type d’opération de promotion qui mobilise les professionnels, adhérents ou pas. Cela contribue à faire connaître la dynamique de la fédération à travers un message dans l’air du temps. Nous travaillons par ailleurs à la création d’un annuaire de la maroquinerie afin de simplifier les recherches de nos adhérents. La refonte de notre site web est également dans les cartons afin de consacrer une place plus importante à nos membres. Nous souhaiterions développer ou renforcer des partenariats avec certains fournisseurs. Nous envisageons par ailleurs d’organiser des tables rondes en distanciel entre détaillants de même secteur géographique afin d’aborder librement diverses thématiques (offre, relations avec les marques, recherches de produits…,). De nombreuses idées restent à mettre en œuvre pour un nouvel élan avec, pour fil conducteur, la volonté de fédérer les maroquiniers. Tout en bénéficiant des atouts de la Filière Française du Cuir : ainsi pourquoi ne pas organiser des visites de tanneries ou de fabricants ?

Quels sont les grands défis du commerce indépendant de la maroquinerie en France ?

Ces dernières années le secteur connaît une baisse d’activité constante. Pour contrer la moindre fréquentation des boutiques et la diminution du nombre de détaillants spécialistes en maroquinerie, l’utilisation des outils digitaux se révèle incontournable. Mais pour gagner en efficacité, les commerces devront accélérer leur digitalisation. Afin de maintenir le contact avec sa clientèle, la profession a mis en place différents leviers comme le click&collect, le service de livraison, l’inscription sur des plateformes numériques en région… L’offre, en revanche, s’est diversifiée. Des matériaux alternatifs ou techniques, notamment dans la bagagerie, ont fait leur l’apparition même si le cuir reste la matière reine dans les collections que nous commercialisons. Le secteur du bagage se révèle dynamique grâce aux innovations techniques…même si en 2020 ce segment de marché a été fortement impacté du fait des restrictions de voyages. Les collections masculines se sont recentrées sur des gammes dédiées au business ou plus mode. Le succès du sac à dos ne se dément pas, conforté par les multiples déplacements entre bureau et télétravail et la mobilité engendrée par la circulation en deux roues. La concurrence des enseignes nationales de mode et autres chaînes de prêt-à-porter, ainsi que des sites spécialisés et sites de fournisseurs, est, elle, prégnante. Le challenge pour notre profession consiste à redonner ses lettres de noblesse au métier de maroquinier, valoriser son expertise et sa place au cœur de la vie commerçante.

Le secteur des détaillants maroquiniers français en données clés

Nombre d’entreprises : environ 1 800.
CA médian par établissement : 360 500€.
Effectifs : environ 3 000 salariés.
Nombre de marques distribuées : 206.
CA du secteur : 2.118 M€ HT.
Fréquence d’achat : 1 fois tous les 284 jours.
Poids des rayons : sacs à main 30% ; petite maroquinerie 22% ; bagages 16% ; affaire 10% ; scolaire 7% ; parapluies 5% ; ceintures 4% ; gants 2%.
Poids des saisons : janvier 12% ; juillet 11% ; décembre 23%.

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Rédaction Laëtitia Blin

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