Le Printemps des Cordonneries, nouvelle édition !
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De l’industrie du luxe à l’artisanat local, le parcours de Marie-Élodie Chadaillac est riche d’enseignements. Rencontre avec la fondatrice de la cordonnerie Sept Lieues à Agen.
Après avoir accompli son rêve d’intégrer la Maison Chanel, cette Bourguignonne passionnée de mode connaît une reconversion professionnelle … épanouie !
Marie-Élodie Chadaillac a passé une dizaine d’années au sein de la direction financière des activités Mode de Chanel à Paris puis a accompagné la création de l’Atelier des Matières, mené par la marque de luxe pour trouver des solutions concrètes de revalorisation des matières afin d’en créer de nouvelles. En 2024, elle se lance dans l’aventure entrepreneuriale lorsque son époux saisit une opportunité professionnelle à Agen.
Se décrivant comme une « pragmatique optimiste », elle souhaitait garder un pied dans l’univers de la mode tout en « reprenant une entreprise afin de faire vivre l’existant. La réparation s’est alors imposée comme une évidence : prolonger la durée de vie des produits et réduire concrètement leur impact environnemental. La cordonnerie est un métier polyvalent et profondément humain, à la fois utile et ingénieux, qui favorise les échanges et permet de tisser avec la clientèle une véritable relation de confiance », explique-t-elle.
Elle reprend alors Styl’Bottes, une cordonnerie historique du centre-ville, rebaptisée Sept Lieues. Autodidacte, elle est accompagnée dans son apprentissage par l’expérimenté Joël Caffo ancien de Styl’Bottes, par d’autres cordonniers spécialisés et suit régulièrement les formations proposées par la Fédération Française de la Cordonnerie Multiservice (FFCM) dont elle est adhérente. La commerçante, mère de deux fillettes, elle dit apprécier la diversité du métier et sa double dimension, à la fois artisanale et entrepreneuriale.
« Ce métier est un terrain de jeu extraordinaire ! », se réjouit-elle. « J’aime apprendre de nouvelles techniques, de nouveaux gestes afin d’adapter mon métier aux évolutions du marché. Le cordonnier a aussi un rôle de prescripteur. » L’atelier, spécialisé dans la réparation de tous types de chaussures et d’articles de maroquinerie, s’adapte aux nouvelles habitudes de consommation, dont les baskets sont aujourd’hui symboliques. « Les réparer demande un savoir-faire particulier et des équipements spécifiques. Mais l’enjeu, c’est aussi de faire savoir qu’une paire de baskets peut avoir une seconde vie », insiste-t-elle.
Cette reconversion, tournée vers la seconde vie des chaussures et des objets du quotidien, lui permet aussi d’observer l’évolution des comportements. « Les clients se montrent plus curieux, désireux de comprendre le métier et davantage sensibilisés à l’idée de prolonger la durée de vie de leurs biens. Dans ce contexte, le dispositif du Bonus Réparation, piloté par Refashion, incite à retrouver le réflexe de la réparation. »
Au-delà de la réparation, Sept Lieues s’attache à promouvoir la rénovation et l’entretien, y compris dans le domaine de la maroquinerie, tout en élargissant son offre de services : reproduction de clés, gravure et vente de produits d’entretien. « Mon passage chez Chanel m’a beaucoup apporté en matière de gestion d’entreprise, de communication et de vision globale de la relation client », confie la dirigeante. Attachée à la dimension pédagogique de son métier, elle voit dans les réseaux sociaux un puissant relais. Sur Instagram, elle valorise son activité à travers des vidéos tutorielles, met en avant son savoir-faire et promeut une consommation plus durable.
Soucieuse de démocratiser la réparation et l’entretien, elle propose également au grand public des ateliers baptisés L’atelier des pros. Chaque mois, pendant deux heures, elle y transmet les gestes essentiels d’entretien et livre ses conseils pratiques. « Si l’on montre aux consommateurs qu’il est possible d’entretenir et de réparer des articles de qualité, ils seront plus enclins à les conserver plus longtemps », souligne-t-elle.
Sa démarche se prolonge avec un service de cordonnerie nomade : elle se déplace directement au sein des entreprises, à la rencontre des salariés. « Cette initiative facilite l’accès à nos services et contribue à faire connaître notre métier », explique-t-elle.
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Rédaction Laëtitia Blin
Photos © Kevin Spadafora
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