Projet manifeste et pièce monumentale à la fois
La pièce unique, qui marque la naissance de Genèse, s’appelle Écorces. Elle a nécessité deux années de préparation et une année consacrée à la réalisation, entre Gainerie 91 et Johé Bruneau. L’artiste n’avait alors jamais expérimenté le cuir. « Comme il est biodégradable, sa fin de vie limite son impact sur l’environnement. C’est une matière de qualité exceptionnelle, à la fois sensible, fonctionnelle, durable, qui se patine au fil du temps », souligne-t-il. Ses chutes, fournies par l’industriel, devaient être combinées avec celles en placages d’essences de bois. « La multitude a servi de fil conducteur, poursuit Johé Bruneau. Il s’agissait de dessiner une composition harmonieuse avec une diversité de petits fragments, de coloris, de textures, d’épaisseurs différents. Je me suis donc naturellement inspiré de la mosaïque et de la marqueterie. » L’artiste a aussi mêlé les savoir-faire, associant les techniques artisanales du placage, de la gainerie ou encore de la teinture avec les outils numériques, tels que la conception 3D, la découpe laser, le fraisage numérique. Un ennoblissement hybride, qui unit étroitement le cuir et le bois sur un panneau décoratif de grande dimension. Johé Bruneau entretient en effet une savante ambiguïté visuelle entre les deux matériaux, jusqu’à les confondre par endroits… Le nom Écorces n’a pas été choisi au hasard ! L’enveloppe protectrice et organique de l’arbre est un symbole universel de régénération, de renaissance. L’œuvre est un plaidoyer pour donner une seconde vie aux matériaux délaissés.
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