Gaston Mercier propose des selles de randonnée personnalisées made in France

Gaston Mercier fabrique tous ses articles dans son atelier, dans la région de Millau - Photo © Greg Alric.

Installée près de Millau dans une ferme de trente hectares, l’entreprise fabrique des selles de randonnée quasi sur mesure, combinant des cuirs de multiples couleurs issus d’une tannerie locale. Avec la possibilité de tester un modèle grâce aux chevaux élevés sur place.

Derniers des Mohicans

« Nous sommes un peu les derniers des Mohicans ». Manuel Mercier, qui a repris en 2008 l’entreprise de sellerie créée il y a près de 40 ans par son père Gaston Mercier, ne manque pas d’arguments pour illustrer son caractère unique en France. « Nous sommes les seuls à avoir ce profil de sellier semi-industriel – nos confrères étant soit des revendeurs, soit des artisans individuels – et avec une spécialité de selles d’extérieur de randonnée, qui diffère des disciplines olympiques (saut, dressage…). Ce qui exige des selles plus solides, durables et confortables », explique-t-il. Autre spécificité : alors qu’on trouve généralement les selliers dans des zones artisanales, la structure est installée dans une ferme de 30 hectares de pâtures et de bois, à 25 kilomètres de Millau. Dans ce lieu rustique cohabitent ainsi un bureau d’études, un atelier de production et un showroom. Et une dizaine de chevaux permettent à la fois de tester les selles lors de leur développement puis de les faire essayer aux clients qui le souhaitent, sauf s’ils préfèrent venir avec leur propre monture.

Une configuration qui puise ses racines dans l’histoire de l’entreprise

« Fils d’un gantier de Millau, mon père a baigné dans l’univers de la peau et du cuir depuis sa tendre enfance, se souvient Manuel Mercier. Passionné d’équitation, il a déménagé à la campagne pour devenir guide de randonnée et élever des chevaux tout en disputant des compétitions. Il a ainsi été deux fois champion d’Europe d’endurance. En parallèle, il a développé des selles de concours, basées sur un concept de recul de la position du cavalier sur le dos du cheval pour une meilleure harmonie du couple.  Après avoir arrêté les compétitions, fort de sa notoriété dans le milieu, il a commencé à vendre ses selles en 1987 avant d’ouvrir son propre atelier de fabrication en 1998. »

Grâce à une douzaine de teintes de cuirs, comme cet audacieux rouge, Gaston Mercier propose de multiples combinaisons de modèles.

Produits originaux

Aujourd’hui, le sellier se distingue encore par ses produits originaux, du quasi sur mesure made in France. « Nos tarifs restent inférieurs à ceux du luxe. Et nous nous démarquons des modèles plus accessibles par notre approche plus technique et personnalisée. » Sa clientèle se compose d’amateurs d’équitation, plus ou moins argentés, prêts à s’offrir une belle selle, commercialisée à partir de 2 500 à 3 000 euros TTC, et jusqu’à 4 000 à 5 000 euros TTC selon les options choisies. De très nombreuses combinaisons de cuirs, coutures, bordures et autres liserés sont en effet possibles. « Nous sommes capables de faire des moutons à cinq pattes. Une cliente uruguayenne collectionne et utilise intensivement nos selles depuis 15 ans. Elle en est à une dizaine de divers modèles et couleurs mais toujours avec des particularités techniques bien précises », souligne Manuel Mercier. Sa capacité à fabriquer des selles personnalisées est étroitement liée à son recours au circuit court. Les cuirs qu’utilise Gaston Mercier, tous issus d’abattoirs de l’Aveyron, une importante région d’élevage, proviennent de la tannerie Arnal, située à 40 kilomètres du sellier, « l’une des dernières tanneries françaises indépendantes à proposer encore une importante diversité de cuirs pour la sellerie, plus ou moins épais ou fins, et déclinés dans de nombreux coloris ». Gaston Mercier peut ainsi lui-même proposer une quinzaine de teintes différentes, allant du marron classique à des couleurs beaucoup plus audacieuses, comme le bleu turquoise, le rose fuchsia ou le rouge Ferrari, mais « teints dans la masse pour un aspect toujours naturel », précise Manuel Mercier.

Le showroom de Gaston Mercier, l’atelier de production et des chevaux qui permettent d’essayer les modèles, sont réunis au sein d’une ferme de 30 hectares.

Made in France

Gaston Mercier conçoit et fabrique quasiment tous ses articles avec l’aide d’entreprises locales comme son fabricant d’arçons et d’étriers en composites ou son fournisseur de mousses, tous deux installés en Occitanie. Cette maîtrise de la fabrication a permis à l’entreprise d’exposer ses produits (huit modèles de selles différentes et une trentaine d’accessoires – harnachement, bagagerie pour randonneurs…), pour la première fois en novembre dernier à Paris, sur le salon MIF Expo. Son siège ergonomique en forme de selle de cheval, baptisé Ensell, commercialisé à partir de 500 euros prix boutique conseillé, n’est pas passé inaperçu.
La marque participe régulièrement aux salons du Cheval, est présente dans des centres équestres et visible lors de compétitions. Ses créations sont disponibles dans sa boutique physique et via son site e-commerce. Elle expose ainsi aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, dans les pays du Golfe et même en Australie, un pays qui compte beaucoup de cavaliers d’endurance. Alors que la société est « bénéficiaire et saine », son chiffre d’affaires 2025, clôturé en septembre, a connu une croissance de +10% à 1,8 million d’euros, grâce à une amélioration de sa productivité et des ventes à l’étranger (environ 40% de son activité).

La Chine, destination porteuse

« Depuis 10 ans, la Chine est un marché qui se développe vraiment. Nous entretenons des relations privilégiées avec les revendeurs de notre marque, friands de sa qualité et de son confort », souligne Manuel Mercier. Portée par une bonne dynamique, son entreprise, qui emploie 17 salariés dont la moitié en fabrication et le reste au commercial, à l’administratif et à la logistique, continue de recruter. Pendant l’exercice 2024-25, clos fin septembre, elle a intégré une nouvelle responsable communication. Et sur l’exercice en cours, elle prévoit de réaliser quatre recrutements – R&D, production, commercial et administratif -, deux créations de postes et deux remplacements suite à des départs en retraite. La société souhaite également conserver une jeune commerciale actuellement en contrat d’apprentissage. Pour sa part, à 83 ans, Gaston Mercier continue de monter à cheval et de se passionner pour son “troisième enfant” en s’investissant dans son bureau d’études. Il participe ainsi activement au développement d’un nouveau brevet : une selle évolutive et modulable, capable de s’adapter à l’évolution de la morphologie du cheval et de son cavalier ainsi qu’au type d’équitation pratiquée, dont la commercialisation est annoncée pour cette année.

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Rédaction Sophie Bouhier de l’Ecluse

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