Le vestiaire Maroc’n’folk
de Virginie Darling

Une main artisanale, un vent de liberté et des accents bohèmes, tel est l’univers véhiculé par Virginie et Rodolphe, le duo derrière la marque d’accessoires Virginie Darling. Depuis leur atelier-show-room à Marrakech, ils conçoivent des collections solaires, qui rayonnent dans les boutiques d’ici et d’ailleurs. Décryptage.

Besace « Baby Love » coloris camel, en cuir d’agneau bullé, entièrement doublée de tissu imprimé portée cross-body.

Wild at heart

Ses sacs sont légers, souples, pratiques et sans pareils. Affranchie des conventions, Virginie Darma a cette force de caractère et cette intuition naturelles qui la guident, sans égard aux effets de mode. Et pourtant, son style séduit les femmes des faubourgs de Marrakech aux stations balnéaires françaises, fidèlement incarné par le « Wild ». C’est ainsi qu’elle a justement nommé « son bébé », ce sac monté dans une peausserie d’agneau à l’état brut dont les flancs – volontairement laissés bords francs -, dessinent les contours accidentés du rabat avant. « Quand je travaille ce modèle c’est un peu comme si je faisais une robe, je pose la peau, je la plie et je mets des aiguilles là où cela me plaît comme des repères pour la couture. » Qu’on ne s’y trompe pas ! Sa marque de fabrique « au feeling » et son apparent goût de l’inachevé sont le fruit d’une réflexion perpétuelle pour laquelle l’exigence de rigueur constitue la clé. En coulisses, Virginie ajuste les gabarits du sac un à un et sélectionne scrupuleusement la partie la plus organique du cuir qui d’usage est coupée, agissant comme un puissant marqueur identitaire aux yeux de qui l’adoptera d’emblée. Un travail qu’elle mène de front avec l’appui de sa moitié.

Une histoire de feeling…

Les histoires arrivent à ceux et celles qui savent les raconter, dit-on. Celle de Virginie Darling fait battre deux cœurs à l’unisson. Après une première carrière professionnelle dans le domaine de l’audiovisuel, Rodolphe et Virginie ont débarqué au Maroc. L’ex Manager d’une chaîne privée y fonde une entreprise pendant que l’ancienne actrice-animatrice télévisée, fraîchement diplômée en design d’intérieur, mûrit son nouveau projet. De fil en aiguilles, l’entourage s’amourache des premiers cabas, que Virginie commercialise à la Réunion dont elle est originaire. Un exotisme palpable au travers de collections où juste ce qu’il faut de franges, pompons, rivets, cordons et pampilles viennent épouser tissus et cuirs texturés. Autant de trésors faits main, qu’elle s’attache à partager en lieu et place de ses carnets de voyage et autres bons plans en prime time. Trois ans que l’aventure dure et déjà la marque a conquis un réseau de 170 boutiques à travers le monde, investi dans un atelier-show-room et soigne son image, à l’instar du dernier shooting dans le désert d’Agafay, stylisé par la photographe-architecte d’intérieur Marie Bastide. Un succès grisant, que le couple nuance d’une bonne dose d’humilité. Les pieds bien ancrés sur terre, Rodolphe veille à un développement maîtrisé, et Virginie demeure lucide quant à la réalité de l’entreprenariat, parfois aux antipodes des palmeraies sur papier glacé.

Le sac « Wild » en cuir d’agneau d’aspect lavé, très souple, best-seller que Virginie Darma décline en finition mate ou irisée.

…Et de travail

Bienvenue au Maroc, royaume de traditions brassé de cultures et religions. Nombreux sont ceux qui cherchent à s’y faire une place au soleil, à commencer par Marrakech, Fès, Essaouira… Au-delà de ses atouts touristiques, le pays regorge d’ateliers aux savoir-faire vernaculaires. Une richesse qui s’étale dans les fameux marchés, organisés en corps de métiers, où la maroquinerie fait figure de grande spécialité (NDLR – et a donné son nom au Maroc). D’importantes tanneries de Fès ou Casablanca, à mille lieues de celles que l’on trouve encore aux portes des Médinas, ne siègent pas là pour la carte postale mais opèrent pour des marques de renommée internationale. Parmi les peaux qui transitent par le Maroc, Virginie a eu un véritable coup de cœur pour le « bubble », cet agneau de Nouvelle-Zélande au grain irrégulièrement bullé. Ces petits suppléments de personnalité qu’elle exprime aussi à travers le choix de fabricants Beldi constituent la base d’un vestiaire casual-chic faussement désinvolte. La qualité du travail rendu n’aurait été possible sans une collaboration étroite et quotidienne depuis les débuts. Au-delà d’un cuir d’aspect lavé, très souple, « la qualité du fil, son épaisseur, sa couleur, la façon de doubler ou retourner une doublure, affiner les soufflets… » tout compte. Touche-à-tout, Virginie et Rodolphe s’orientent doucement vers une marque « lifestyle ». Au fil des saisons, paniers en feuilles de palmiers tressés, cabas en tissu « djellaba », robes imprimées, bijoux à messages en laiton torsadé et traditionnelles sandales en cuir twistées d’une touche de féminité, viennent étoffer la gamme de maroquinerie.

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Rédaction Juliette Sebille
Photos © Marie Bastide 

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