Au-delà d’un salon business, la mise en relation entre les professionnels vous tient particulièrement à cœur. Comment cela se concrétise-t-il ?
« Attention ILM reste clairement un salon BtoB mais une ouverture ponctuelle BtoC, dans un autre contexte, renforcerait la visibilité et les contacts. Les professionnels sont demandeurs d’innovations, de services, de conseils pratiques concernant le merchandising… Les salons ne doivent plus seulement être pensés comme des lieux de présentation des nouvelles collections mais comme des lieux d’expérience. À l’heure du digital, le salon se positionne comme une plateforme de rencontres entre les acteurs du secteur. Outre les défilés « Bag World » et « Travel World », les conférences et les tables rondes (sur les tendances, le commerce…) propices aux échanges, nous planifions d’intensifier les discussions entre exposants et visiteurs, essentielles au succès d’un salon. Les soirées afterwork y contribuent dans un cadre plus informel. Concrètement le salon ferme ses portes chaque jour à 18h, pourquoi ne pas prolonger les liens au-delà ? Nous pourrions envisager d’organiser un événement en dehors du parc des expositions, réunissant par exemple une vingtaine de marques dans un espace éphémère aménagé sur les rives du Main. À cette occasion, les exposants pourraient commercialiser une sélection de leurs collections au grand public. »
Certaines marques de maroquinerie présentent des chaussures sur leur stand. Qu’en est-il de l’offre chaussures au sein du salon ?
« Effectivement certaines entreprises, qui proposent à la fois de la maroquinerie et des chaussures dans leurs collections, nous font part de leur souhait d’exposer aussi leurs chaussures. L’introduction d’une sélection mixée peut être envisagée même si ILM reste avant tout un salon de maroquinerie. »
Quel est l’impact du développement durable et de l’apparition de matières innovantes ces dernières saisons dans les collections ?
« Les collections en cuir restent majoritaires dans l’offre de nos exposants même si ces dernières années l’utilisation de matières dites alternatives est effectivement de plus en plus présente. Mais ces matériaux ne possèdent pas toujours les qualités du cuir comme la respirabilité. Notre industrie a bien conscience de l’enjeu en matière de RSE et de développement durable. Les détaillants, eux, sont à la recherche de produits éco-conçus, à partir de matériaux recyclés comme le plastique des bouteilles. ILM se doit d’être le miroir de l’évolution du secteur. En tant qu’organisateur de salon, nous sommes également engagés dans cette démarche. D’ailleurs, nous avons mandaté un cabinet de conseil en gestion afin d’analyser notre empreinte « verte ».
Le salon de la maroquinerie se déroule au sein d’une région reconnue pour son industrie du cuir. Quelles sont les tendances du marché allemand de la maroquinerie ?
« 2019 a été une année stable en Allemagne. Les premières prévisions indiquent que les ventes de sacs, valises, cartables et articles en cuir ont représenté une valeur de 2,7 milliards d’euros. Près de 70% du chiffre d’affaires des fabricants allemands est réalisé en Allemagne pour un montant de 410,6 millions d’euros. L’Europe est la principale zone d’exportation de la production allemande, représentant 64,8 % des exportations totales. L’Allemagne a exporté pour une valeur de 2,1 milliards d’euros d’articles en cuir et bagages l’an dernier. La Suisse est son premier client (10,1% de la valeur totale des exportations – 216,9 millions d’euros), suivie par la France (208 millions d’euros). Alors que les exportations de sacs en cuir ont diminué par rapport à 2018 (- 4,5% à 3,5 millions d’unités), la part des exportations de sacs en plastique et textile a progressé (respectivement de + 4,1% à 11 millions d’unités et + 15,8% à 4,1 millions d’unités).
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