Dans l’atelier de Philippe Atienza, bottier passionné

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Fort de ces expériences dans le domaine de la botterie homme puis de la botterie femme, Philippe Atienza a créé son propre atelier en 2016. Le binôme qu’il forme avec son associée, la designer italienne Laura Puntillo, est aujourd’hui à la tête d’une équipe de plusieurs personnes.

Philippe Atienza, Meilleur Ouvrier de France, nous a ouvert les portes de son atelier parisien situé sous une voûte du Viaduc des Arts, dans le 12e arrondissement.

Ce bottier indépendant, formé chez les Compagnons du Devoir et les meilleurs bottiers français et étrangers, évolue dans un décor authentique entre tradition et innovation, artisanat et design.
Plongez dans l’univers de la botterie française.

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Leur atelier confectionne des souliers sur-mesure pour hommes avec toujours la même exigence d’élégance et de perfection.

La chevauchée d’un métier

Philippe Atienza est arrivé au métier de bottier par passion pour l’univers de l’équitation. « Ce qui m’intéressait, dit-il, c’était d’apprendre à faire des accessoires qui s’inscrivaient dans cet univers-là. Ça aurait pu être la sellerie équestre ou le harnachement, mais ça a été la botte d’équitation. Pourquoi la botte d’équitation ? Parce que j’avais rencontré un cordonnier qui m’avait parlé d’un vieux bottier qui voulait former quelqu’un et transmettre son entreprise. C’est ainsi que je suis arrivé au métier de bottier, un peu par accident et en même temps par intérêt pour le sport que je pratiquais ».

Désireux d’acquérir une formation d’excellence, Philippe Atienza a rejoint les Compagnons du Devoir et du Tour de France, véritable référence dans la formation aux métiers de l’artisanat. Après un compagnonnage de plusieurs années, Philippe Atienza a intégré l’atelier parisien de John Lobb (groupe Hermès), fabricant de bottes et de chaussures sur-mesure de renom. Entré comme simple ouvrier, il a progressivement gravi les échelons avant de devenir directeur du sur-mesure. Il quitte John Lobb après une collaboration de vingt et un ans pour rejoindre la Maison Massaro (qui fait partie des Métiers d’art de Chanel depuis 2002) en tant que Directeur Général.

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Une réelle attention est accordée au respect de l’environnement. Les artisans fabriquent ainsi leur fil à la main et évitent au maximum l’utilisation de colles contenant des solvants, au profit de colles à base d’arêtes de poisson.

La création d’un atelier

Fort de ces expériences dans le domaine de la botterie homme puis de la botterie femme, Philippe Atienza a créé son propre atelier en 2016. Le binôme qu’il forme avec son associée, la designer italienne Laura Puntillo, est aujourd’hui à la tête d’une équipe de plusieurs personnes. Leur atelier confectionne des souliers sur-mesure pour hommes (à partir de 4 800 euros) et pour femmes (à partir de 3 000 euros) et propose des modèles aussi classiques (Richelieu, Derby) que confortables (baskets) et originaux (créations pour dame en peaux exotiques : serpent, crocodile, éléphant, hippopotame, poisson ou encore autruche) avec toujours la même exigence d’élégance et de perfection. Les peaux utilisées proviennent de tanneries françaises et italiennes. En outre, une réelle attention est accordée au respect de l’environnement. Les artisans fabriquent ainsi leur fil à la main et évitent au maximum l’utilisation de colles contenant des solvants, au profit de colles à base d’arêtes de poisson. 

Si la clientèle de Philippe Atienza est essentiellement composée de particuliers, il lui arrive également d’être sollicité par des maisons de couture et par de jeunes designers et artistes souvent étrangers à l’univers de la botterie.

La transmission des savoir-faire

Car loin de l’image de l’artisan solitaire qui travaille dans son coin, Philippe Atienza tient au contraire à partager son savoir-faire et son expertise. L’atelier, agréablement situé sous une voûte du Viaduc des Arts, s’y prête particulièrement bien. Le client y entre et y circule aisément, au plus près des artisans avec lesquels il se sent ainsi libre d’échanger. Le lieu a en effet été pensé autour d’une double thématique: la valorisation des outils anciens et la transmission du métier.

Philippe Atienza collectionne des machines et des outils anciens depuis des années. C’est avec ces derniers, collectés tout au long de sa carrière professionnelle et auxquels il a parfois redonné vie, qu’il travaille aujourd’hui. Une démarche pour le moins paradoxale quand on sait que Philippe Atienza avait défendu, chez John Lobb, l’utilisation de la conception assistée par ordinateur (CAO) qui permet d’usiner des formes grâce à un logiciel adapté. S’il avoue avoir pris énormément de plaisir à travailler avec cet outil informatique, le thème de son atelier est aujourd’hui résolument tourné vers les machines et les outils pensés pour les artisans du siècle dernier.

L’atelier s’articule également autour d’une notion essentielle : le partage d’expérience. Celui-ci s’effectue à plusieurs niveaux. D’une part, l’atelier accueille des jeunes en apprentissage afin de leur enseigner le métier. D’autre part, Philippe Atienza dispense des formations (payantes) d’initiation et de perfectionnement à la botterie. Enfin, sa passion pour son métier et son souci de la transmission le pousse à collaborer avec diverses écoles de mode, dont il reçoit les élèves pour les conseiller au mieux sur la réalisation de leurs modèles. Le maître bottier apporte ainsi un regard plus technique à ces élèves, dont la formation est davantage axée sur la créativité.

Autant d’occasions de partage et d’échanges pour les artisans-bottiers, toujours soucieux de mêler savoir-faire traditionnels et recherche de matériaux innovants. Ces collaborations donnent lieu à des réalisations étonnantes, à l’instar d’une paire de souliers dame sans talon réalisée avec un socle en liège recouvert de fibre de carbone pour lui apporter de la résistance.

Mais si Philippe Atienza et son équipe ne sont pas hermétiques aux méthodes et aux matériaux actuels, qui font partie de leur savoir-faire, le maître bottier reconnaît toutefois préférer travailler de manière traditionnelle.

Rédaction & photos Garance André

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