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Un atelier-boutique-café ! C’est le triptyque peu commun imaginé par Hagop Markarian et son associée Marianna Stepanian à travers leur marque Paramaz, désormais installée à deux pas de la place des Victoires, au cœur de Paris. Rencontre … autour d’un café !
La maison parisienne de maroquinerie Paramaz – à la fois marque et atelier – est spécialisée dans la création de collections de maroquinerie, petite maroquinerie, accessoires en cuir, et d’articles sur mesure, façonnés selon l’héritage artisanal arméno-libanais de son fondateur, Hagop Markarian.
De Bourj Hammoud, quartier arménien de Beyrouth, à un petit atelier place Saint-Sulpice à Paris, jusqu’à cette nouvelle adresse ouverte mi-2024, Hagop Markarian a déjà vécu plusieurs vies. Né au sein de la communauté arménienne du Liban, l’artisan a appris le métier dès son plus jeune âge dans l’atelier familial. Bottiers de père en fils, il représente aujourd’hui la quatrième génération d’artisans du cuir. Arrivé en France en 2002 sans maîtriser notre langue, il travaille alors dans le secteur textile puis la restauration. Sans réseau ni diplôme mais riche d’un savoir-faire séculaire, il a tout construit seul, à force d’abnégation, de détermination et de rigueur.
D’un petit atelier privé au cœur du VIe arrondissement de la capitale en 2019, la marque est depuis devenue « un laboratoire créatif d’expérimentation autour du cuir », co-dirigé avec son associée et directrice artistique, Marianna Stepanian. « L’objectif était d’installer une boutique dans l’atelier, et non l’inverse. Paramaz n’est pas un concept mais plutôt une expérience ! Il est essentiel pour nous de créer un lien direct avec la clientèle, de l’inviter dans l’univers de l’artisanat du cuir et de proposer une expérience unique. L’espace café a été pensé dans ce but, afin de briser la glace. Cela fait également écho à mes racines : au sein de l’atelier à Beyrouth, des amis passaient régulièrement boire un café. C’est ce que je souhaitais recréer », explique le responsable de 46 ans. Installé sur 130m2 rue Hérold dans le Ier arrondissement, l’atelier-boutique-café dévoile un univers chaleureux et élégant où les matériaux naturels se mêlent à un design contemporain. L’espace café offre aux visiteurs un temps de pause, de dégustation de café ou de thé, et de découverte de l’activité de l’atelier ouvert sur la boutique.
Travaillée à partir de cuirs à tannage végétal sourcés en France auprès des maisons Chadefaux, Fichet et Sofic, chaque pièce – sac, ceinture, petite maroquinerie – est réalisée à la main en valorisant des techniques transmises de génération en génération. Hagop Markarian designe des modèles minimalistes et intemporels conçus avec un minimum de pièces et le plus souvent sans doublure, « des collections signatures inspirées de thèmes plus que des saisons ou des tendances ». Ces créations artisanales, durables et réparables, peuvent être entièrement personnalisées : choix du cuir directement dans l’atelier, du fil, des accessoires, des finitions, de la gravure… « Les clients apprécient que l’on co-créé ensemble des pièces uniques », se réjouit-il.
Attaché au partage et à la transmission de savoir-faire et de connaissance du cuir, l’artisan maroquinier organise des ateliers d’initiation au travail de cette matière noble. Durant plus de deux heures, les participants, de tous âges, apprennent les techniques de base et confectionnent leurs propres pièces – porte-cartes, étui à lunette, ceinture ou sacs en cuir à tannage végétal. « J’adore partager autour des gestes métier, de la création, de la matière cuir. Il est essentiel de voir et de toucher le cuir, d’en expliquer l’origine et de mettre en lumière la valorisation de ce co-produit », souligne le dirigeant. L’atelier est également en mesure d’assurer le développement de prototypes pour d’autres marques et propose des prestations de restauration, entretien, teinture et patine.
Conçu comme un lieu de vie, Paramaz accueille régulièrement des artistes indépendants et des créatifs à travers des résidences et des collaborations, cultivant « une communauté où les idées, le savoir-faire et la culture se rencontrent ». S’appuyant sur le parcours de Marianna dans la diplomatie culturelle, l’atelier est volontairement pensé comme un espace d’échange culturel – réunissant artisans, designers et créatifs issus de disciplines et d’horizons différents, favorisant le dialogue, la collaboration et le partage des savoir-faire. En ce début d’année une exposition photographique de Nolwenn Pernin dévoile des clichés shootés au Liban, dans le quartier d’enfance d’Hagop Markarian et au sein de l’atelier familial.
Épanoui et pleinement investi dans son activité, celui qui se définit simplement comme « un artisan » envisage un retour aux sources avec, comme prochain projet, le lancement d’une ligne de chaussures. Il va par ailleurs étoffer son parc de machines et dédier l’espace du sous-sol à la réparation de pièces de maroquinerie.
Et quid de l’appellation Paramaz ? « C’est un clin d’œil à mon histoire familiale. Il s’agit d’un ancien prénom arménien que mes parents songeaient à me donner, dérivé du mot perse « Farramuz », signifiant « gouverneur », explique-t-il.
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Rédaction Laëtitia Blin
Photos © Nolwenn Pernin
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