Passion cannage

Petite Mendigote sandales cuir tressé cannage
Sandales plates Picoolo en nappa naturel, Petite Mendigote, prix boutique conseillé 135 €.

Des grandes enseignes aux grands noms de la mode jusqu’aux maisons de luxe, le cuir tressé est, cette saison, de toutes les collections ! Décliné sur des chaussures, en sacs mais aussi imprimé en motif sur du tissu, l’usage du cannage, savoir-faire ancestral importé en Europe par les Hollandais et les Anglais, remonte au XVIIème siècle en France.
Venue de l’univers de la décoration, cette technique de tressage manuelle connaît depuis plusieurs saisons un regain d’intérêt dans l’univers de la mode. Celle-ci met à l’honneur le cuir parfois associé au rotin. Revue de détails !

Fauteuil Toscane en cuir tressé, Airborne, prix boutique conseillé 1518 €.

L’art du rotin par les ébénistes

Il faudra attendre le règne de Louis XIV (1643-1715) pour voir les premiers sièges faire leur apparition chez nous. Mais c’est surtout à partir de la Régence (1715-1723) que ce mobilier léger, confortable et élégant dit canné suscite l’engouement. Fauteuils, canapés, banquettes, tabourets, voire têtes de lit … , les propositions sont multiples. Passé de mode, il revient en force sous Louis Philippe (1830-1848) et le Second Empire (1852-1870). Puis, avec la Belle Epoque (1871-1914), la chaise cannée devient populaire avec la production de la célèbre chaise bistrot en bois courbé. Véritable icône, le modèle N°14 de chez Thonet dessiné en 1859 sera d’ailleurs reproduit à 45 millions d’exemplaires jusqu’en 1903 ! La technique sera par la suite démocratisée et mécanisée.

Sandales en cuir tressé et ajouré, Anthology Paris, prix boutique conseillé 260 €.

Icône chez Dior

Mais celui qui fait entrer le cannage dans l’histoire de la mode est Christian Dior. En effet, depuis son premier défilé, qui eu lieu le 12 février 1947, deux époques furent chères au couturier dans l’élaboration et l’esthétique de la maison : le XVIIIème siècle et la Belle Epoque. À la première, il emprunte des codes comme le nœud et la ligne corolle, de la seconde, il retient et fait l’éloge de l’assise de la chaise Napoléon III avec son cannage. Un mobilier qui fait partie de l’hôtel particulier du 30, Avenue Montaigne à Paris depuis toujours et qui est devenu un motif récurrent et iconique de la maison en prêt-à-porter mais surtout en accessoire. Ainsi, le mythique sac Lady Dior voit son cuir matelassé reprendre le motif géométrique fait de carrés et de diagonales emprunté au travail du tressage de la fibre végétale. Depuis, le cannage traverse les époques et voit se succéder les directeurs artistiques mais reste ancré dans l’ADN esthétique de Dior. Cet été encore, il s’affiche sur de la vaisselle en porcelaine et des couverts, des cravates, des bougies et des bijoux ; il est même remis au goût du jours sur les déclinaisons du Lady Dior et inspire le parfum « Cuir Cannage ».

Tressage mécanique contre manuel

Pour l’été 2020, le cuir tressé poursuit ses effets. En sacs, comme chez Petite Mendigote, Etincelles ou Dragon qui en a fait son signe de reconnaissance. Fondée en Belgique par Craig Wright, la marque a choisi ce travail artisanal qu’elle fait réaliser en Inde par des artisans. « Chaque pièce réalisée à la main utilise des tissages de cuir variés, en cannage et en couleur et nécessite entre deux à trois semaines de travail », explique le créateur. Un charme qui a aussi séduit le designer de chaussures Michel Vivien. « Le cuir tressé a toujours fait partie de nos collections estivales, bien avant qu’il ne soit remis au goût du jour, confie ce dernier. Cet été, nous avons cherché à amener de nouvelles techniques de tressage et de cannage. Nous avons gardé nos coloris iconiques comme le doré, le tressage bicolore, et joué sur le côté brut du cuir : camel, marron, beige. » Un savoir-faire unique que de nombreuses marques vont chercher en Italie et en Espagne qui en ont fait leur spécialité. « Nos modèles sont tressés à la main dans une usine familiale en Italie », poursuit Michel Vivien. Les Italiens sont mondialement connus pour leur savoir-faire, en particulier dans le domaine de la chaussure. Je constate avec grand regret que nous sommes de plus en plus copiés par d’autres marques, sur cette technique en particulier, qui proposent des copies à moindre coût. Il s’agit souvent de tressage fait à la machine par une main d’œuvre qui coûte bien moins chère et avec des cuirs de moindre qualité. Or, le tressage du cuir prend du temps car il y a toute une étape à faire en plus. Il faut d’abord réaliser des brins en cuir, c’est-à-dire couper des bandes de cuir que l’on va replier puis coudre. Puis ces bandes seront tressées. Et ce tressage sera envoyé à notre autre usine pour le montage. Tout cela à un coût plus élevé de par la qualité des cuirs que nous utilisons (uniquement des tanneries de prestige), le savoir-faire de notre usine spécialisée dans le tressage depuis très longtemps, et la quantité de cuir deux à trois fois plus élevée. »

Missta chaussures cuir tressé
Souliers à talons carrés en cuir tressé à la main, Miista, prix boutique conseillé 225 €.

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Rédaction Céline Vautard

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