Maradji lance une collection en cuir recyclé

Marque française de maroquinerie et d’accessoires de mode pour femmes, Maradji met en lumière des savoir-faire artisanaux des quatre coins du monde. Nourrie d’influences multiculturelles, elle est engagée dans une démarche écoresponsable. Entretien avec Delphine Lopez, sa créatrice.

Comment est née Maradji ?

J’ai baignée dès mon enfance dans l’univers de la mode et du textile puisque mes grands-parents ont créé dans les années 1950 le Comptoir Général des Textiles, une entreprise de confection de jupes à Bordeaux. Formée à l’Istituto Europeo di Design de Barcelone, j’ai eu la chance d’effectuer mon stage de fin d’étude à Jaipur en Inde au sein d’une petite entreprise familiale et artisanale. J’ai pu participer à toutes les phases de confection d’une collection textile. Baignée dans la culture indienne, ce pays a été une belle révélation et m’a inspiré. La dénomination « Maradji » est d’ailleurs un clin d’œil à ce pays de cœur. Ce séjour donnera le ton de ma marque, trait d’union entre artisanat et modernité, entre ici et ailleurs. Riche de cette expérience, j’ai poursuivi mon périple professionnel en Espagne puis à Madagascar où la diversité des modes, des coutumes et des matières a enrichi mon approche stylistique.

Comment a-t-elle fait ses premiers pas ?

Lorsque j’ai décidé de créer ma marque en 2014, j’ai opté pour des accessoires, une autre façon d’exprimer ma créativité. Je suis retournée en Inde à la recherche de maroquiniers. Maradji s’appuie sur un réseau de fabricants aux savoir-faire ancestraux, dans différents pays selon les spécificités recherchées. Ainsi la maroquinerie, les ceintures en cuir et les foulards sont confectionnés en Inde. Les chapeaux sont fabriqués en Italie par des modistes dans la région des Marches et de Florence. Nous utilisons des matières naturelles : la laine l’hiver et l’herbier marin ou la feuille de palmier pour l’été. Les paniers, eux, sont tressés à partir de fibres de palmier doum au Maroc, dans la région de Fès, par des artisans travaillant la vannerie selon une technique séculaire. Les tissus et jacquards, galons et patchs brodés sont chinés dans les marchés de Delhi. Le cuir – vachette, chèvre velours – est sourcé dans le sud-est de l’Inde par notre fabricant de maroquinerie.

Comment définiriez-vous votre marque ?

Mêlant influences orientale et occidentale, les collections sont intemporelles. Chaque accessoire met en lumière les talents des artisans et repose sur le mélange de matières, des ornements précieux, des détails… Depuis ses débuts, la marque suscite un certain engouement et le bouche-à-oreille s’est révélé efficace. Les ventes de maroquinerie représentent plus de 60% de l’activité. Outre son e-shop, Maradji est commercialisée au Bon Marché et chez plus 140 revendeurs indépendants, des multimarques prêt-à-porter et accessoires et des concept-stores en France et à l’étranger. On peut la retrouver chez Mademoiselle Azalée à Agen, L’habit fait le moi à Brest, Poupée Poudrée à La Rochelle, Milk & Soda à Lyon, Coquerico à Nantes, Des Jolies Choses à Neuilly-sur-Seine, Burly’s à Compiègne, Cocotte, Nirvana ou encore Les Javottes à Paris… Et depuis cet été au sein de notre première boutique en propre rue Commines dans le quartier du Marais à Paris.

Maradji boutique mode
Les collections de la marque française de maroquinerie et d’accessoires de mode pour femmes s’inspirent d’influences multiculturelles. Ici dans la boutique-écrin de Maradji à Paris.

L’année 2020 a été riche en évolution pour Maradji. Quels sont les challenges à venir ?

Effectivement la marque franchit un nouveau cap suite à sa reprise en février par Matthieu Neirinck et Jérôme Maitre, le duo créateur de la marque de chaussures Pied de Biche. Sous l’impulsion de ses nouveaux propriétaires, outre l’ouverture de la boutique parisienne, le site marchand a été totalement refondu. Développer la marque à l’international fait partie des objectifs de ces prochaines années. Maradji est déjà présente aux États-Unis, chez Marcel Market à Dallas, en Espagne chez Aparte Bilbao, en Italie chez Coming Up Roses à Milan, en Belgique chez Boutique Kusje à Bruxelles… Désormais je peux me consacrer pleinement à la direction artistique et initier de nouveaux projets telle la sortie d’une collection de bijoux en 2021. Home Maradji, la ligne de décoration d’intérieur, va, quant à elle, être étoffée. Et Projet M, qui a vu le jour en octobre, est en phase de lancement.

Maradji boutique Paris
Cet été Maradji a ouvert sa première boutique en propre rue Commines dans le quartier du Marais à Paris.

Expliquez-nous cette démarche écoresponsable ?

Depuis la création de Maradji, nous entendons produire de manière juste et responsable. Projet M s’inscrit dans cette approche : moins et mieux. La production recyclée apparaît comme la plus en adéquation avec nos valeurs et nos créations. Répondant à un cahier des charges strict, la gamme de sacs 100% recyclés est conçue à partir de chutes de cuir issues de l’industrie textile. Pour qu’elles deviennent solides et durables, ces chutes, une fois assemblées, sont broyées puis mélangées avec du latex naturel. Les fibres obtenues sont reconstituées en un nouveau matériau, le cuir recyclé, certifié par le label Leather Standard by Oeko-Tex®. Nous collaborons étroitement avec un atelier à Delhi qui nous accompagne depuis plusieurs années. Les modèles – trois sacs déclinés chacun en deux coloris, noir ou cognac – sont entièrement cousus avec un fil en polyester recyclé et leur doublure est en coton recyclé. Ils sont livrés dans un pochon en coton recyclé. Cette ligne élégante et durable est disponible en exclusivité sur notre boutique en ligne, de 50 à 190 euros. Ce programme sera enrichi au fil du temps avec d’autres matériaux écoresponsables comme la laine recyclée que je recherche actuellement. Les idées – et les possibilités – ne manquent pas !

Maradji sac Leo gold
Sac demi-lune Léo en cuir tressé motif cannage doré, petit rabat aimanté et fermeture zippée, 135€ prix boutique conseillé.

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Rédaction Laëtitia Blin

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