Défilés femme automne-hiver 19-20 : fracas de somptuosité

Défilé Chanel femme FW1920
Défilé Chanel automne-hiver 19/20.

Théâtralisation et décors exacerbés, le blouson noir côtoie de sublimes icônes du soir. Fashion freaks et vamps dark jouent là avec virtuosité,  l’opus d’un opéra rock à la punktitude lyrique et affirmée.

Punktitude lyrique

Cette saison est marquée par une punk attitude qui appelle une surenchère de décors couture et rock. Olivier Rousteing pour Balmain, se pose en tenant absolu de cette somptuosité fracassante et surjouée : magnificence d’un perfecto hérissé de pointes cloutées ; détails de manches décollées des épaules, entre mi-blouson et mi-gilet ; rutilance des finitions chromées qui jouent avec la lumière ; jeux de clous en surlignage d’une jupe portefeuille ; talons métalliques et bottines matelassées bijoutées. Plus rock, plus street, Alexander McQueen, hybride sur une semelle de sneaker une ranger montante savamment cloutée, qui confronte dark et romantisme par des broderies anglaises perforées au laser. Colliers de chien à anneau piercing, poignets de force et ceinture harnais viennent bijouter l’ensemble. En matière de bijou, c’est cependant Chanel que l’on remarquera pour ce foulard de cuir pensé comme une parure de strass montée sur un maillage de chaînettes. Une démonstration de l’extraordinaire créativité qu’offre le cuir en matière d’accessoires inédits.

Muses nocturnes

Matière première du style de la saison, le cuir noir est ici sublimé par une cohorte de créatures qui interprètent là un scénario sensuel et nocturne. Cap sur la cape, pièce phare des podiums. Elle se fait liquide et brillante, chez Guy Laroche. Cuir aux effets latex laqués et leggings gainants en font un obscur objet de désir.  Betty Catroux, icône des nuits parisiennes du Jimmy’z et égérie de Monsieur Saint Laurent, reste source d’inspiration pour Hedi Slimane. Long manteau smocking de cuir à rayures anglaises pailletées et bloomer à pinces, sandales à plateformes bridées vernies, reprennent dans un mot à mot revisité, l’allure de cette muse de tempérament. Chez Marni, le noir d’un pardessus de cuir croco à gros boutonnages, vient hanter le rouge vif d’une vision résolument dark. Tandis qu’Isabel Marant, exagère l’épaulé d’un pourpoint bi-matière aux manches gigognes XXL. Autant de muses à l’élégance souveraine et théâtralisée.

Opéra rock

Entre décadence et sophistication vénéneuse, écailles exotiques, talons aiguilles affinés à l’extrême et chaussant ultra effilé, chez Andrew GN, masque clouté fashion freak et total look reptilien chez Gucci, les peausseries exotiques jouent cette saison, sur l’ambiguïté d’une beauté féline et animale digne des nuits de pleine lune. Remarquées chez Elie Saab, mais vues également chez bon nombre de créateurs, autres points forts de ce rock show, les cuissardes. Mini robe rebrodée de paillettes et plumes virevoltantes affleurent : un appel du regard qui remonte au plus haut de la jambe. Clou de ce spectacle, inscriptions romaines rebrodées, sac à franges cloutées et bandoulière médaillée de bronze façon gladiateur, semi de clous all over sur des cuissardes cavalières, Moschino nous joue ici, un opéra rock baroque et néo-antique.

Rédaction Anne Liberati
Photos © Alain Gil-Gonzalez

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