Les légendaires #2 : Mombasa de Saint Laurent
Ces sacs iconiques sont devenus incontournables au bras des « fashionistas » en quête de signes de reconnaissance. ...
La matière cuir se fait, dans les propositions des créateurs et maisons de luxe pour cet hiver de mode masculine, le support privilégié de toutes les expérimentations, jeux de volumes et de proportions, constructions élaborées qui font et défont les silhouettes de ces garçons, mais un matériau prétexte aussi aux traitements de surfaces les plus diverses : cuir à modeler, à malmener ou à sublimer ! Sur les catwalks le cuir se revendique, s’affirme aussi, avec ses spécificités, ses aspérités, sa grandiloquence, et également son intemporalité.
De l’ampleur, du volume, de la rondeur, de l’air, et la matière comme gonflée façon doudoune, matelassée (chez Zegna) ou pas, le cuir se fait ici le matériau de la légèreté, synonyme de « coolitude », avec des propositions tout en disproportions chez Dolce & Gabbana, DSquared2 ou Beautiful People. Esprit « urban wear » avec des combinaisons volumes XXL et un look « néo-bonhomme-Michelin-du-futur » pour Juun.J… Ou pensé dans une approche beaucoup plus couture, comme une revendication sensible d’une filiation entre la vision de Cristóbal Balenciaga et celle de Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga, dans cette pré-collection 2026 qui joue sur cette ambivalence du sport et de la couture et dont, là encore, le cuir se fait la matière incontournable. Fluidité avec des pantalons et des pièces qui déstructurent la silhouette, cuir ultra souple traité comme un jogging, résolument loose chez Rowen Rose, et même une version jupe chez Songzio, créateur coréen qui a fait du cuir l’un des matériaux de prédilection de l’ensemble de sa collection.
Des silhouettes graphiques et effilées et le cuir se porte au plus près du corps. Sur les podiums défilent de nombreuses propositions de perfectos, blousons, variations autour de la veste de costume, autant de pièces incontournables cette saison, comme des « seconde peau », pour des silhouettes encore très inspirées des années 70, aperçues chez Auralee, Amiri, Acne Studios, Sacai ou le pre-fall 2026 de ce Gucci remodelé et repensé par Demna Gvasalia. Et même, plus inattendue, cette relecture de la redingote façon petit marquis XVIIIe siècle… mais repensée en cuir fauve pour ce passage Songzio.
Esprit costume et exigence pour des pièces d’exception, mais néanmoins pensées pour une allure casual comme ces blousons avec détails de nœuds façon néo-lavallières, tout croco chez Louis Vuitton, ou une version plus « raisonnable » chez Agnès b. De longs manteaux, façons trenchs, se portent, ceinturés ou pas, et se réinventent version cuir, souvent noirs. Ils allongent en même temps qu’ils structurent les silhouettes, là encore un indispensable du vestiaire automne-hiver 2026-2027, avec les propositions de Prada, Ralph Lauren, Études Studio, Saint Laurent ; moins formel il sait se faire plus romantique chez Ann Demeulemeester… ou encore version nappe d’anguille, hyper graphique chez Dries Van Noten, typologie de cuir que l’on retrouve aussi, au côté du python, dans les accessoires de cette collection. Cette saison, c’était aussi la dernière de Véronique Nichanian pour l’homme Hermès : après 37 années, elle laissera sa place, chez le sellier du faubourg Saint-Honoré, dès la saison prochaine à la britannique Grace Wales Bonner. Elle livre une dernière collection à son image, un vestiaire évident, des pièces éminemment désirables pensées dans des variations de noirs ou de teintes sombres, et plusieurs passages « tout cuir », comme cette combinaison-costume, ou des looks « tout croco »… Le costume, le tailoring, le « bien bâti », c’est tout un vocabulaire et des références de savoir-faire « tailleur » que s’approprie la matière cuir cette saison : costumes tout cuir chez KidSuper, veste croisée cuir chez Steven Passaro, ou total look, cravate comprise, chez David Catalan. Atmosphère lourde et sombre, allure ténébreuse pour les hommes « Alien » de LGN Louis Gabriel Nouchi en blousons noirs ou longs manteaux à effets crispés. Autant d’exemples ici, pour un cuir hyper-graphique et structurant, matière première d’exception pour cette idée d’un luxe aussi indispensable qu’indémodable.
Traces, effets d’érosion, usé jusqu’à la corde, patine vintage (Ralph Lauren, David Catalan, KidSuper), cuir froissé et fripé chez Songzio… des effets qui, cette saison encore, perdurent dans le vestiaire des hommes. Volumes exagérés, épaules marqués et lignes nettes pour une allure volontaire et un cuir qui se fait carapace urbaine chez System, même esprit avec cette approche toujours sans compromis de la matière pour Rick Owens, effets de poussière et approche déconstructiviste du vêtement, comme ce perfecto aux proportions complétement revues ou ces volumes qui jouent la confusion de matériaux et de textures pour une allure toujours d’avant-garde et néanmoins des plus inspirantes. Silhouettes construites comme une suite d’empilements de blocs et de matière façon jeu de construction pour les expérimentations de Sean Suen et ce cuir à la surface malmenée, comme cabossée. Depuis plusieurs saisons, Camper propose, avec sa ligne Camperlab, des partis-pris stylistiques forts et audacieux et avec ce défilé, c’est encore le cas : les cuirs et les peaux lainées sont comme frottés, abîmés, des traitements similaires sont appliqués aux textiles, comme le denim, pour une allure aussi affranchie qu’urbaine et une évocation d’une matière qui a déjà bien vécu.
Patchs, vêtements façon collages, textures qui se télescopent, imprimés qui se rencontrent et cohabitent aussi savamment que romantiquement, à la manière des propositions de Julian Klausner chez Dries Van Noten. La matière cuir est une composante à part entière de ces expérimentations esthétiques, version monochrome avec des jeux de textures chez Rowen Rose, ou posé comme un détail, pour souligner un col, marquer une épaule ou une poche, un geste observé chez Armani, Junya Watanabe, Bluemarble ou Hermès. Un cuir ennobli aussi, avec des broderies, florales chez Amiri ou esprit folk chez Taak. Un cuir à illustrer, support pour des impressions néo-pop ou cartoon avec ce sac Nahmias, ou les blousons de motards romantiques de 3.PARADIS. Pour le nouvel homme Dior conceptualisé par JW Anderson, le pantalon de cuir se fait l’allié des paillettes et des broderies couture… Démonstration à l’appui, cet automne-hiver 2026-2027, le cuir se fera tout à la fois synonyme d’audaces en même temps que cette réassurance classique, et demeure ainsi ce substrat des plus inspirants et évocateurs pour les créateurs de mode.
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Rédaction Florent Paudeleux
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