Une exposition hommage au parcours hors norme du bottier Raymond Massaro

Raymond Massaro bottier mannequin atelier rue Paix Paris
Le bottier Raymond Massaro au pied d’un mannequin dans l’atelier du 2, rue de la Paix à Paris - Photo © Pierre Colacicco.

Jusqu’au 8 octobre, le Musée AngladonCollection Jacques Doucet d’Avignon accueille une exposition rétrospective dédiée au bottier Raymond Massaro, disparu en 2019. Visite guidée.

Une vie de passion

« J’ai passé ma vie à vos pieds ! » Cette citation pourrait résumer le parcours du célèbre bottier parisien, héritier d’une lignée d’artisans bottiers, synonyme de savoir-faire, précision du geste, sens du détail, luxe et extrême élégance.
Raymond Massaro (1929-2019) confiait avoir « appris son métier au pied des femmes ». Plus qu’une attitude, ce dévouement chevaleresque fut le fil conducteur d’une existence entièrement dédiée à un métier-passion. Conçue par Lauren Laz, Directrice du Musée Angladon – Collection Jacques Doucet, en étroite collaboration avec Laurence Massaro, fille de l’artisan, l’exposition « Ma vie à vos pieds » met en lumière une centaine de croquis, dessins et formes de bois sculptées, pièces, prototypes et modèles de chaussures iconiques. Des créations les plus raffinées, chaussures-bijoux réalisées en dentelle ou brodées de perles, aux modèles extravagants ou plus classiques, l’occasion rêvée de découvrir des modèles uniques.

Une tradition bottière familiale

À Paris, c’est dans l’appartement-atelier du 2, rue de la Paix ouvert en 1894 par Sebastiano Massaro, repris ensuite par ses fils Lazare et Donat puis par son petit-fils Raymond, que sont reçus les client(e)s pour la réalisation artisanale de leurs chaussures sur mesure. Têtes couronnées, stars de cinéma, vedettes du show-business, Paris mondain… s’y succèdent au fil des décennies. L’artisan hors pair a également mis son art au service des grands noms de la haute couture – Elsa Schiaparelli, Balenciaga, Dior, Madame Grès…

Exposition bottier Massaro Musée Angladon Avignon
L’exposition « Ma vie à vos pieds » consacrée au parcours de Raymond Massaro au Musée Angladon - Collection Jacques Doucet - Photo © Alexandra de Laminne.

 Quatre étapes majeures

Le parcours de l’exposition se décompose en quatre volets : Savoir et Faire, 2 rue de la Paix, Créer et Innover.

Savoir et Faire

Au cœur d’un atelier où se déploie la diversité des métiers – formier, dessinateur, patronnier, modéliste, piqueur, monteur, bichonneur -, ce volet dévoile les multiples facettes du savoir et du faire, alliant connaissance et geste technique Les artisans spécialisés y interprètent une partition savante où le bottier intervient comme chef d’orchestre.

2, rue de la Paix

Cet espace retrace l’histoire d’une dynastie de bottiers d’origine italienne dont l’adresse est devenue légendaire, le 2, rue de la Paix, au cœur de la capitale. En 1947, Raymond Massaro, fraîchement diplômé de l’Ecole de la Chaussure, rejoint l’atelier familial où il se forme aux côtés de son père et de son oncle. En 1967, il prend la direction de la maison et perpétue la saga familiale.

Créer

Ce volet met en scène la chaussure comme un objet unique à travers un foisonnement de créations tel l’escarpin de scène au talon orné d’une boule en strass imaginé pour Marlene Dietrich ou un escarpin en cuir vernis noir, doté d’un talon sculptural de 20 centimètres, commandé par Karl Lagerfeld pour un danseur. En 1999, le Maître d’art signe le modèle le plus précieux sorti de son atelier : une sandale réhaussée de diamants, perles fines et platine destinée à une princesse saoudienne.

Innover

Cet univers présente les réalisations de la Maison Massaro au service des grands couturiers : Ungaro, Ferré, Guy Laroche, Thierry Mugler… La collaboration avec Azzedine Alaïa s’illustre par des créations extravagantes comme un escarpin doté d’un talon en résine sculptée en forme de jambes.
En 1958 commence une longue collaboration avec la Maison Chanel qui se traduira notamment par la célèbre sandale bicolore créée pour Gabrielle Chanel : du beige pour affiner la silhouette, du noir pour raccourcir le pied et protéger la pointe de l’escarpin. À travers la longue collaboration avec la Maison Chanel, Raymond Massaro donnera forme aux créations nées de l’imaginaire de Karl Lagerfeld avec lequel il collabore très étroitement pour Chanel dont la Maison intègrera le giron en 2002, par l’intermédiaire de sa filiale Paraffection centrée sur les métiers d’art.  

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Rédaction Laëtitia Blin

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