Audrey Bigouin met la matière en relief
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Un duo de bottiers de talent et un client passionné… Cette rencontre a donné naissance à un atelier atypique, L’Atelier du Tranchet, où la chaussure sur-mesure est perçue comme une œuvre d’art. Des créations uniques qui bousculent les codes du luxe.
Depuis 2016, discrètement, L’Atelier du Tranchet chausse une clientèle internationale, adepte de la mesure mais qui, une fois franchi la porte, découvre bien plus qu’un atelier de bottiers. « On y entre en poussant du pied ses idées préconçues », annoncent d’emblée ses fondateurs, un trio de passionnés exigeants. Installé au nord de Paris, ce repaire d’initiés fait office d’atelier, de show-room et de bureau, plateforme lumineuse où les clients découvrent et suivent le travail d’orfèvre de Christophe Corthay et Christophe Algans, des bottiers « rock », mais aussi sculpteurs d’une fantasmagorie bottière inhabituelle, formés chez les Compagnons du Devoir. Issu d’une dynastie soulieraine, Christophe Corthay, « Tof », frère de Pierre, sculpte les souliers pour hommes. Compagnon des débuts, Christophe Algans, surnommé « Toulouse » de par ses origines, sculpte la femme, androgyne. Technique, précision, perfection et exception : leurs créations se lacent de fétichismes, faisant entrer les clients dans un univers underground bien au-delà du luxe. Un duo d’artistes accompagné de Philippe de Paillette qui, après une carrière dans le luxe, se consacre désormais à sa passion.
Laisser s’exprimer la créativité tout en se basant sur les racines du compagnonnage et placer l’humain au cœur de la relation, tel est le propos de l’Atelier du Tranchet, le tranchet, lame légèrement courbée, étant l’outil indispensable de coupe du bottier.
Formes, patines, couleurs…Box, python, croco… L’Atelier du Tranchet s’exprime à travers trois univers hors pair pour hommes :
« Darkvador » en veau box à 10 000 euros et crocodile à 15 500 euros. Une miniature est réalisée pour chaque soulier de cette ligne – un retour aux sources, puisqu’à l’origine chaque chef d’œuvre du compagnonnage était accompagné de sa miniature reproduite à l’échelle – ainsi qu’une ceinture du même cuir avec une boucle maison;
« Tranchet vif » trois modèles et deux formes au choix, en veau box à 6 500 euros et en crocodile à 11 000 euros.
« Baskets » en veau box à 3 000 euros, et en crocodile à 4 000 euros.
La ligne pour femmes, baptisée « Adixion », se compose de bottines, derbies et baskets, en box à 5 000 euros, croco à 8 500 euros.
Comptez de 6 à 9 mois de réalisation pour ces souliers originaux très haut de gamme, véritables objets de luxe qui, pour certains, sont même amenés à ne pas être portés. Un choix personnel de chaque client, certains souhaitant préserver les semelles extérieures dessinées.
Être créatif, prendre le temps, offrir une autre approche du travail sur-mesure pour concevoir des modèles uniques, tel est le leitmotiv de L’Atelier du Tranchet qui ne souhaite pas réaliser plus de 40 paires par an. L’excellence à tous les niveaux, chaque paire réclamant de 60 à 80 heures de travail.
Complémentaire, le trio haut en couleurs et au caractère bien trempé, détourne le propos, à savoir élever le cuir au rang d’œuvre d’art puisque, outre les chaussures, ces artistes complètent leur univers de Sakuras (cerisiers du Japon en fleurs), des créations uniques réalisées à partir des mêmes matériaux que les souliers (chaussures silex, poisson exotique, escargot, raie…). De l’art figuratif où l’humour se mêle à l’audace. Ou comment travailler le cuir, sa patine, sous une autre approche, le détourner.
Rédaction Laëtitia BLIN
Photos © L’Atelier du Tranchet
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