Cuir au Carré, spécialiste parisien du revêtement
sur mesure

Cyril Amand dirigeant de Cuir au Carré
Cyril Amand, dirigeant de Cuir au Carré.

Dix ans après sa création, Cuir au Carré est devenu un fabricant très prisé des décorateurs d’intérieur. Son fondateur Cyril Amand évoque sa passion pour la matière et l’essor du contract au sein de son entreprise.

Comment est né Cuir au Carré ?

J’ai baigné dans l’univers de la maroquinerie toute mon enfance ! Mon grand-père était artisan maroquinier en région parisienne dans les années cinquante. À la fin des années 70, mon père a racheté une petite entreprise spécialisée dans la trousse manucure en cuir et est venu s’installer dans le Marais. Je me suis mis à couper et à parer le cuir très jeune. Cette matière a toujours fait partie de ma vie. Puis j’ai étudié la gestion d’entreprise et intégré en 1999 l’entreprise familiale Rep’Style, qui employait une quinzaine de personnes. Elle a évolué vers l’article de bureau en cuir et faisait de la sous-traitance, notamment pour Lancel. On vendait par ailleurs la maroquinerie Carven et Ted Lapidus. C’est alors qu’avec mon frère, musicien – je suis moi-même passionné de musique – on a fondé une petite école de musique, ce qui nous a amenés à insonoriser des studios. On s’est demandé comment habiller nos portes acoustiques et avec mon père, on a décidé de les recouvrir de panneaux en cuir. C’est ainsi qu’est né Cuir au Carré en 2009.

Le marché de la prescription a-t-il été facile à appréhender ?

Pas exactement ! Très vite, on a exposé à la Foire de Paris et au salon Maison&Objet mais découvert progressivement l’univers de la décoration d’intérieur. On pensait, au début, vendre à des boutiques de décoration comme on l’avait fait avec les parures de bureau. Or, le sur-mesure ne fonctionne pas ainsi. On a dû se repositionner autour du projet et du contract. Cela a été possible à partir de 2011, grâce à l’architecte d’intérieur devenu un ami, Éric Gizard. Il nous a aidés à définir notre identité, à construire des collections graphiques variées, à étendre notre réseau professionnel …

Cuir au Carré Leslie Gauthier Hôtel Square Louvois
Cuir au Carré a collaboré avec l’architecte d’intérieur Leslie Gaultier à l’hôtel Square Louvois à Paris.

Quelle est votre clientèle ?

La quasi totalité de notre chiffre d’affaires est basée sur une prescription d’architectes et de décorateurs d’intérieur, français majoritairement. Les quelques demandes de particuliers émanent de recommandations de leur décorateur d’intérieur. Cuir au Carré collabore régulièrement avec Éric Gizard, Leslie Gauthier, Marie-Paule Clout de Noir Nuance, Oscar Ono de Numéro Maison 20, tous spécialisés en hôtellerie. J’ai travaillé aussi avec Caroline Tissier pour l’aménagement de restaurants étoilés.

Quelles sont leurs demandes ?

Dans l’hôtellerie, la tête de lit est l’objet premier pour lequel on fait appel à nous. C’est sûrement ce qui est le plus représentatif de Cuir au Carré même si j’ai une préférence pour le mural à petite ou grande échelle, les habillages de portes, le gainage de dressing… La tête de lit est un best-seller en hôtellerie ! Cuir au Carré est aussi sollicité pour le panneautage mural et l’habillage mural acoustique de bureaux. C’est un axe qui se développe depuis trois ans avec notamment Duriez Agencement. Les chantiers vont de la banque au bureau d’avocat. Il y a enfin le résidentiel qui représente environ 1/3 de notre activité. On a réalisé par exemple l’habillage mural des loges du Parc des Princes et, dans un autre registre, les panneaux muraux des salles de conférences du Palais des Congrès. On a aussi fait du gainage pour des boutiques Cartier et aménagé récemment une boutique de costumes sur mesure dans le centre de Paris.

Tissé Constance Guisset Cuir au Carré
« Tissé » de la designer Constance Guisset pour Cuir au Carré élargit les horizons de la tête de lit.

Comment définissez-vous la spécificité de Cuir au Carré ?

Le concept de base est un panneau sur mesure, un module qu’on gaine sur un support en PVC expansé, auquel on peut donner du relief, ajouter des coutures… C’est un principe de panneautage léger gainé. Traditionnellement, la tapisserie traite le capitonnage de la tête de lit sur des structures épaisses en bois contrecollées de mousse et agrafées ensuite. Cuir au Carré a apporté de la finesse grâce à la refente de cuir. Les machines à parer, à refente, sont essentielles en maroquinerie. On les utilise de la même manière. L’affinage offre une plus grande précision et davantage d’élégance dans l’assemblage des jointements de panneaux.

Quelle place occupe le cuir parmi les matériaux que vous utilisez ?

L’usage du cuir est variable même si c’est le matériau d’origine de Cuir au Carré. Le cuir de vachette est prédominant. On utilise aussi de plus en plus la croûte velours, très intéressante pour ses nuances de couleurs et ses jeux avec la lumière. J’ai par exemple habillé tout un dressing en nubuck légèrement pailleté. La tannerie Carriat me fournit en buffle et je façonne des produits de la tannerie vosgienne Sovos. Pour les panneaux décoratifs en cuir, on est moins contraint qu’avec les assises, qui nécessitent des cuirs très résistants aux frottements. C’est pourquoi je m’autorise des cuirs destinés à la maroquinerie, selon les cas. Mais il faut noter l’essor du tissu d’éditeur qu’apprécient les décorateurs d’intérieur et l’intérêt en hôtellerie pour le « simili cuir », plus abordable et facile d’entretien. Le PVC est encore considéré à tort comme plus durable que le cuir !

Marqueterie Aurelia Paoli Cuir au Carré
Mosaïque réinterprétée par Aurélia Paoli pour Cuir au Carré.

Les collaborations avec les designers sont-elles un nouveau virage stratégique pour l’entreprise ?

Oui et non. Les designers font progresser la technique. Il faut que la relation design soit réellement collaborative. Le point de départ avec Constance Guisset était de mettre en avant la tête de lit autrement qu’en panneau carré ou rectangulaire. Elle nous a proposé de vrais tableaux décoratifs. Pour les réaliser, elle a pleinement profité d’un outil numérique de découpe que nous avons depuis deux ans. Le travail avec les designers permet de questionner le produit lui-même. Parle-t-on de panneau mural, de revêtement, de tableau décoratif… ? J’aime beaucoup le paravent qui cloisonne et décloisonne à la fois. Cela pourrait être un futur projet design pour Cuir au Carré. J’envisage aussi de mélanger les matériaux entre eux. C’est le propre de l’architecte d’intérieur dans l’absolu mais c’est intéressant que l’artisan y associe sa propre technique.

Cuir au Carré a fêté ses dix ans. Quel bilan dressez-vous ?

L’entreprise est jeune. Je ne veux pas grandir trop vite. Notre équipe compte six personnes aujourd’hui. Je veux continuer à maîtriser notre expertise d’artisan spécialisé. Il faut continuer à se renouveler techniquement mais j’ai le sentiment qu’on commence à tirer profit de tout ce que nous avons mis en place ces dernières années.

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Rédaction Nadine Guérin

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